Erosion du littoral calédonien : le CESE cherche des financements et des solutions

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littoral de magenta
L'érosion gagne du terrain en Nouvelle-Calédonie ©NC la 1ère
Le conseil économique, social et environnemental, le CESE, a retravaillé ce vendredi sur le thème de l'érosion. Un dossier, loin d'être nouveau, dont les recommandations n'ont toujours pas eu d'écho au sein des législateurs.

5 cm d’augmentation du niveau de la mer en 30 ans, Météo France temporise : d’autres archipels en sont à 20 cm. Si l’érosion existe bel et bien en Calédonie, que faire des 3000 km de littoral ? Les recommandations du CESE n’ont toujours pas trouvé de leader. 

"L'une des orientations les plus pertinentes, c'est la mise en place d'un outil qui va coordonner une démarche visant à travailler, en prévention, en application sur un sujet d'actualité" indique Jacques Loquet, membre du CESE.

Manque de coordination

Seulement voilà, comment trouver une cohésion et une cohérence dans notre mille-feuille de pouvoirs, entre gouvernement, province et communes pour décider ?

Techniciens, scientifiques, coutumiers, et même historiens étaient présents ce vendredi pour faire le point quatre ans après les premières orientations. Le sujet est important, mais les acteurs et les institutions sont nombreux à être concernés, de près ou de loin, par ce dossier. Résultat : les actions manquent cruellement de coordination. "On a déposé un cahier de recommandations, où il y a plus de 20 recommandations qui ont été faites. On s'aperçoit aujourd'hui, quelques années après qu'on ne sait plus où on en est" explique Fernand Courte, représentant du MEDEF et conseiller au CESE.

Trouver des financements

Autre constat partagé: le manque criant de données scientifiques et de cartes géographiques spécifiques. "On espère qu'il y aura des actions concrètes qui vont être menées. Le gros problème, c'est la stratégie commune de la gestion du littoral a l'échelle de la Calédonie, vis-à-vis d'une problématique qui va toucher beaucoup de gens dans les années à venir" explique Pascal Dumas, enseignant-chercheur et maître de conférence à l’Université.

Et la suite est encore bien floue, car pour agir, il faut des fonds et une ligne directrice claire. 

"Quels sont les objectifs qui ont été identifiés ? L'avancée des travaux, et surtout le financement parce qu'aujourd'hui on n'a pas de visibilité, c'est resté, il me semble, en l'état" explique Pascale Daly, membre du CESE

Déplacer les populations du littoral

Bien sûr, de très nombreuses pistes ont été évoquées. Parmi elles, le déplacement préventif des populations du littoral….notamment, les clans de la mer. "Il y a peu de gens qui sont propriétaires, mais ce sont des propriétaires claniques et là c'est la pagaille totale" précise Noël Wahuzue, coutumier et membre du CESE.

François Moé Waia, directeur de l’Adraf, souhaite que les populations soit associées aux travaux. "Il faut sensibiliser justement les gens de terrain, et travailler avec eux pour justement dire que cette partie de la tribu, dans quelques années, elle va disparaître donc comment on fait ?... s'appuyer sur eux par rapport à des solutions" dit-il.

Après plus de 2 heures de discussions, le constat est sans appel: le dossier souffre d’un réel manque de moyens mais aussi d’une volonté politique forte et engagée. Un dossier consultatif qui patine et une urgence actuelle : les températures. Elles atteignent des seuils mortels pour la biodiversité sous-marine, et condamnent déjà certains habitants à ne plus vivre dans leur région, par plus de 50 degrés Celcius.