Les exportations de minerais de nickel au cœur des débats

nickel
Camions et tractopelle chargeant le minerai, nickel
©NC la 1ere
La délicate question des exportations de minerais de nickel se trouve aujourd’hui au centre des débats en Nouvelle-Calédonie. Un dossier complexe sur le plan technique, qui a aussi glissé sur le terrain politique.
Si le surnom du nickel est le «métal du diable», c’est en partie à cause de la volatilité de son cours sur les marchés boursiers. Il a naguère bâti des fortunes, mais s’avère nettement moins rentable depuis plusieurs années.
 

Coût de revient

La qualité du nickel calédonien est souvent supérieure à celle de ses concurrents. Mais son coût de revient est beaucoup plus élevé. Au cause du prix de l’énergie, de la main d’œuvre et des exigences environnementales
 

Déficits

Aujourd’hui, les trois usines métallurgiques calédoniennes sont déficitaires. Et la SLN comme Vale souhaitent compenser la faible rentabilité de la vente de métal avec l'exportation de minerai brut. Mais le Code minier, qui réglemente l’exploitation minière dans le pays, interdit l’exportation de minerais bruts. Plus particulièrement celui issu des trois réserves géographiques métallurgiques - Goro, Tiébaghi et Koniambo. 
 

Faire modifier le Code minier

Pour répondre à la demande de la SLN et de Vale, le gouvernement souhaite faire modifier le Code minier par les élus du Congrès. Et autoriser l’exportation de minerais dont la valorisation locale ne serait pas rentable, si les client locaux ne formulaient pas d’offre d’achat. 
 

Positions opposées

Les indépendantistes s’y opposent fermement, car la doctrine nickel dit que le métal rapporte quatre fois plus que le minerai, et que certains minerais non exploitables aujourd’hui doivent être préservés pour les générations futures. Les exportateurs de minerais leur opposent que les minerais stockés ne seront probablement plus vendables
 

Assises

Le dossier est technique, et hautement politique. Les assises du nickel programmées à partir de la fin novembre permettront peut-être de dégager un consensus pour sauver le nickel calédonien, dans une situation critique. 

Une analyse d'Erik Dufour :
©nouvellecaledonie
 

Les chiffres du premier trimestre

Pour compléter le panorama, l'Isee vient de diffuser son tableau de bord mine-métallurgie pour le premier trimestre 2020. L'Institut de la statistique et des études économiques relève «un début d'année positif à l'export malgré des aléas sur l'extraction». 

Des ventes à la hausse en valeur et en volume

Sur les trois premiers mois, les exportations de nickel ont pesé 41,2 milliards de francs CFP, contre 35,5 milliards au premier trimestre 2019. Soit une croissance de 16 % sur un an. Les volumes exportés de janvier à mars ont été, eux, supérieurs de 11 % à ceux de l'année dernière.
 

Production en augmentation

+ 11 %, aussi, d'augmentation de la production métallurgique hors cobalt. «Elle rompt avec la baisse, en glissement annuel, des cinq trimestres précédents», constate l'Isee. «La production des deux produits désormais privilégiés par les industriels locaux progresse de respectivement 6 % pour les ferro-nickels, et 7 % pour le nickel hydroxyde cake (NHC).» 
 

Légère baisse de l'extraction

Autre enseignement : «au cours du premier trimestre, l’extraction minière est en retrait de 0,7 % par rapport au premier trimestre 2019. La baisse affecte exclusivement l’extraction de latérites (- 3,4%), tandis que celle de saprolites est stable», développe le tableau conjoncturel. «Malgré l’impact des conflits sociaux intervenus ce trimestre sur l’exploitation de la mine de Thio, la production est toutefois moins perturbée que celle de l’an dernier.»
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