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La (fausse) rumeur de milices continue de se propager

La rumeur d'une « milice anti-kanak » a fait le tour des réseaux sociaux. Une rumeur qui inquiète certains, et qui est prise très au sérieux par les forces de l'ordre. Des enquêtes ont été menées pour démêler le faux du vrai, et une constatation a été faite : cette milice n'est qu'une rumeur.

© NCla1ère
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  • Brigitte Whaap (CM)
  • Publié le , mis à jour le
Les réseaux sociaux ont été les premiers à relayer la rumeur de l’existence d’une milice qui circule en voiture pour s’en prendre à des jeunes Kanak. Des numéros de plaques d’immatriculation de voitures appartenant soit-disant à cette milice ont été diffusés sur Facebook. Des publications sur lesquelles les forces de l’ordre ont enquêté. 
 

« Aucun corps, aucun cadavre, aucune agression, aucune plainte, aucun témoignage »

« A travers ce qu’on a observé sur les réseaux sociaux, que ce soit des posts, des noms, des plaques d’immatriculation, tout a été vérifié et ça ne correspondait pas » explique le colonel Olivier Bouisset, du Commandement de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie. « Aucun corps, aucun cadavre, aucune agression, aucune plainte, aucun témoignage n’a aujourd’hui été recueilli nous amenant à penser qu’il existe une milice. Tous ces faits-là ont été expliqués par des agressions personnelles et non par des faits de milice. » 
 

A l’origine, le dispositif voisins vigilants ?

L’origine de la rumeur pourrait être liée à la constitution de patrouilles de citoyens de type voisins vigilants dans les quartiers des communes du Grand Nouméa. Cette pratique est encadrée par la gendarmerie. « C’est peut-être le fait que nous avons eu à un moment des interpellations, par des victimes, d’auteurs de cambriolage chez eux, ce qui arrive assez fréquemment » explique Alexis Bouroz, le procureur de la République. « Peut-être aussi en rapport avec la ville de Dumbéa où, non pas une milice, mais un groupe de citoyens non-armés avait pu se constituer pour communiquer entre eux et exercer en réalité des fonctions de voisins vigilants. Mais comme il en existe sur Magenta, ou au Mont-Dore, c’est le dispositif participation citoyenne. »
 

Un « alibi à une angoisse »

Plusieurs rumeurs ont déjà circulé en Nouvelle-Calédonie, comme celle du 1er janvier 2014 où le bruit courait que la ville de Nouméa serait envahie de jeunes qui chercheraient à tout casser. 
La rumeur a existé de tous temps et l’Homme est son premier média : « On se nourrit des vieilles pratiques qui ont existé, des histoires de milices qui ont existé pendant les événements des années 80, et qui tout à coup, servent d’alibi à une angoisse qu’il y a maintenant », constate le sociologue John Passa. « Et c’est cette rumeur là qui démontre, pour le pays, notre incapacité à s’asseoir, à réfléchir, à essayer de composer avec les autres, à essayer de construire quelque-chose de cohérent pour le pays. On est face à ça. »

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux participent à amplifier et surtout propager la rumeur. Malgré les démentis de la justice et des forces de l’ordre, le propre de la rumeur est de persister. 
Le reportage de Brigitte Whaap et Claude Lindor 
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