publicité

«Une femme comme une autre»

En Calédonie, huit personnes subiront cette année une opération de réassignation sexuelle, le plus souvent pour passer d’un corps d’homme à un corps de femme. Evolution de la loi, protocole de suivi, statut coutumier: notre dossier consacré à la transition de genre.

Peyssa, à gauche, est officiellement reconnue comme étant une femme depuis un mois. © NC La 1ère
© NC La 1ère Peyssa, à gauche, est officiellement reconnue comme étant une femme depuis un mois.
  • Thérèse Waïa, Nicolas Fasquel, René Molé et Jerry Carissan, avec F.T.
  • Publié le , mis à jour le
Depuis un petit mois, «après quinze ans de combat pour avoir cette identité», Amallyah «Peyssa» Felomaki est reconnue officiellement comme étant de sexe féminin. Née à Futuna il y a vingt-neuf ans, dans un corps d’homme, elle a franchi l’étape de l’état-civil après celle de l’intervention chirurgicale.

Une quarantaine de personnes consultent chaque année

Chaque année, une quarantaine d’individus consultent, toutes catégories sociales confondues, dans le cadre d’une transition de genre en Nouvelle-Calédonie. Et en 2018, huit personnes vont subir une opération de réassignation sexuelle, autrement dit une reconstruction des organes génitaux, le plus souvent dans le sens homme-femme. L’aboutissement, irréversible, d’un protocole de suivi qui dure deux ans.

«Encore assez tabou»​

Originaire de Canala, Ali Ouillemon a bien l’intention de se faire opérer. Il est soutenu par ses proches, mais ça n’a pas toujours été simple. La méchanceté des autres ressentie dès l’enfance, l’aspect «encore assez tabou» de la transition de genre dans le milieu kanak, l’association qui est faite avec la prostitution…

Statut coutumier

Pour les personnes de statut civil coutumier, le changement de sexe pourrait par ailleurs entraîner des conséquences en termes de droit. La femme n’a pas les mêmes privilèges que les hommes, en particulier dans les liens au sol. «Mais après la métamorphose, après un changement de sexe? La coutume n’a pas de réponse à ça», reconnaît bien volontiers Pascal Sihaze, président du Sénat coutumier. En se faisant «opérer en femme», Kiara Mediara s’attend ainsi à ne plus avoir les mêmes droits au niveau de sa famille, de sa tribu, de son clan.

Le dossier préparé et réalisé par Thérése Waïa avec Nicolas Fasquel, René Molé et Jerry Carissan.
DOSSIER TRANSGENRES

 

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play