Focus sur les évacuations sanitaires en temps de Covid-19

coronavirus
Evasan 04 août 2020
©Caroline Antic-Martin / NC1ère
Arrêt des vols réguliers, fermeture des frontières... la crise liée au coronavirus affecte les évacuations sanitaires. Comment s’organisent-elles? Quelles sont les conséquences pour la Cafat, les patients et leurs familles? Éléments de réponse avec Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry.
Evacuer des patients vers Sydney en jet privé, est désormais une activité régulière pour une compagnie aérienne locale privée, qui depuis le 23 mars dernier et la fermeture des frontières, transporte uniquement les urgences vitales.
 

Le premier paramètre et celui qui est indiscutable, c’est le critère d’urgence vitale. Toutes les décisions sont prises en coordination avec les services qui sont amenés à recevoir les patients de Calédonie, le service qui a demandé l’évasan et le service d’évasan de la Cafat. De façon à trouver l’option optimale, par rapport au patient et à sa pathologie - Dr. Anne-Marie Mestre, médecin coordinateur - contrôle médical de la CAFAT


Transport en jet privé 

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©Caroline Antic-Martin / NC1ère
Les patients qui peuvent supporter 24 heures de voyage sont désormais évacués sur la Métropole, les autres, toujours sur Sydney, via les rares vols Aircalin. Résultat : de fin mars à fin juillet, les évasans sur l’Australie ont chuté de 80%. Le coût en revanche n’a pas baissé, notamment en raison du prix du transport en jet privé : entre 4 et 5 millions cfp par évasan. 

« La somme de dépense estimée uniquement pour l’acheminement des patients depuis le 4 avril et jusqu’au mois de juillet en Australie, est supérieure à 150 millions de francs cfp », poursuit le Dr Anne-Marie Mestre, médecin coordinateur au contrôle médical de la Cafat.
 

Confinement

Autre conséquence du Covid-19, seuls les mineurs évasanés peuvent être accompagnés. Patients ou accompagnateurs, tous doivent faire le test avant le départ, subir quatorze jours de confinement à l’arrivée en Australie, puis quatorze jours au retour en Nouvelle-Calédonie. Des contraintes que n’avait pas vraiment mesurées Lucie, lorsqu’elle elle a accepté d’accompagner Liora, sa petite fille âgée de 15 jours à Sydney.
 

La personne m’a expliqué que l’on partirait le week-end et qu’il fallait faire un test avant de prendre l’avion. Et lorsque j’ai demandé avec quoi on partait, elle m’a dit ce petit avion, je me suis dit qu’on n’allait jamais arriver en Australie avec ça - Lucie Boila - grand-mère accompagnatrice d’un nourrisson évacué sur Sydney


Assistance

Au total, Lucie et Liora ont passé dix semaines loin de chez elles, dont quatre en confinement. À Sydney, elles ont été soutenues par Cécile Pigott, coordinatrice de l’Association AVEC, Aide Volontaire aux Evacués Calédoniens, une assistance particulièrement utile en ces temps de crise sanitaire.  
 

J’ai énormément de difficultés à arriver à ravitailler tout le monde. Parce que les gens ont froid, ils n’ont pas la possibilité de sortir pour acheter des chaussettes ou un pull. Ce qui est également difficile, c’est l’isolement. Les personnes ne sont plus accompagnées du tout, les enfants n’ont pas vu leurs papas ou leurs frères et sœurs depuis des mois. C’est quelque chose qui revient énormément, de ne pas avoir un être proche pour être soutenu lors de l’épreuve de la maladie et de l’hospitalisation - Cécile Pigott, coordinatrice de l’association AVEC à Sydney 


Annulations

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©Caroline Antic-Martin / NC1ère
Autre source d’angoisse : les retours. En juillet, deux vols Sydney-Nouméa ont été annulés à 48 heures du départ. 
 

Je ne vous explique pas la déconvenue de ces gens dont le retour était prévu et on leur a annoncé mercredi que pour une raison quelconque ils ne pourraient pas rentrer, puisque de toute façon, c’est le gouvernement qui gère et l’aéroport de Tontouta et de Sydney. Il faut que tous les facteurs concordent pour que le vol puisse se faire - Marie-Claude Hellouin, présidente de l’association AVEC 


Malgré de nombreuses difficultés dans l'organisation de telles opérations, à ce jour, aucun décès n'est imputable à un défaut d’Evasan. 

Le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry :
©nouvellecaledonie

 
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