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Gaël Yanno: "Nous devons nous mobiliser pour faire en sorte que le oui à la France soit le plus large possible"

l'invité de la rédaction
YANNO ITW
Gaël Yanno, le président du MPC, le mouvement  populaire calédonien était dimanche soir l'invité du journal télévisé. Il était interviewé par Eric Dufour. L'ex-député de la première circonscription s'est notamment exprimé sur la primaire de la droite,  sur le referendum de 2018, et sur l'insécurité.

Sur la primaire de la droite et du centre

"Nous sommes issus d'une même famille, et nous serons tous derrière François Fillon, en ordre de marche pour que ce ne soit pas les socialistes qui gouvernent dans les 5 prochaines années; il est important qu'il y ait un Etat fort en Nouvelle-Calédonie". 
 

Sur sa candidature aux législatives

"Il ne s'agit pas d'une démarche personnelle. C'est le fruit d'une longue réflexion et également d'une large concertation avec mes collègues politiques. C'est la volonté de porter une  voix particulière dans la famille loyaliste. En 2018 - dans moins de deux ans, nous aurons un referendum. Nous devrons nous prononcer: oui, ou non, à l'indépendance. La question de ce referendum n'est pas de savoir s'il est souhaitable ou non. Il est aujourd'hui incontournable. Et, nous avons dans l'UCF, à ce sujet, une position tout à fait particulière. Beaucoup de Calédoniens estiment qu'il n'est pas réaliste de penser obtenir un accord avec les indépendantistes en 2018 pour éviter un referendum que l'on nomme referendum-couperet. Tout simplement parce que pour avoir un accord, il faut être deux, et que les indépendantistes disent clairement vouloir aller au referendum. C'est la position défendue par Pierre Frogier. Beaucoup de Calédoniens loyalistes également ne se reconnaissent pas dans le referendum éclairé avec une petite nation dans la grande, avec la volonté d'avoir une souveraineté économique ou autre, ce qui est plutôt la position défendue par Philippe Gomès. La position de l'UCF est tout à fait particulière; nous considérons qu'il faut respecter trois étapes: la première, nous mobiliser pour ce referendum.

Nous avons vu se dérouler différents congrès indépendantistes, en face, il y a une mobilisation de l'électorat pour ce référendum, nous devons nous aussi nous mobiliser pour faire en sorte que le oui à la France soit le plus large possible. Nous devons donc convaincre le camp loyaliste mais aussi aller au devant des indépendantistes pour leur expliquer les conséquences sur la vie quotidienne que serait le fait de ne plus être Français. 
 
La deuxième étape, c'est qu'il nous faut mettre cartes sur table sur le projet après 2018. L'UCF a sorti son projet au niveau notamment des compétences régaliennes, de la gouvernance de la Nouvelle-Calédonie, de la future citoyenneté calédonienne, tous ces éléments-là, nous les avons livrés au public calédonien. Et la troisième étape, c'est que nous devons nous préparer à des négociations, mais qui ne pourront intervenir qu'après 2018. Après ce vote qui sera un socle de ces discussions. Bien évidemment, ces discussions ne seront pas les mêmes si nous avons un rapport 45/55 pour la France, ou un rapport 65/35.  
 
Donc, ce referendum n'est pas un aboutissement, ce n'est pas une fin en soi, ce doit être le départ de négociations et c'est important de le dire. Cette voix, elle est tout à fait particulière. Au dernier comité des signataires, il y avait 19 élus loyalistes. Aucun de ces élus n'a tenu la position que je suis en train de développer. C'est la raison pour laquelle, dans ce débat des législatives, il est important que nous, UCF, puissions nous exprimer et que, à l'Assemblée nationale, nous puissions défendre cette position qui, je crois, est suivie par de nombreux Calédoniens.
 

Sur l'insécurité

"Il y a eu une flambée de la délinquance depuis maintenant deux ans, une augmentation de l'insécurité, des incivilités et donc il faut, face à cela, certes toujours de la prévention, mais, plus de répression. La répression ne doit pas être un mot tabou. Il faut savoir appeler un chat, un chat. J'entends souvent parler de "jeunes", la très grande majorité des jeunes en Calédonie travaille et réussit, mais quelques petites centaines d'entre eux sont clairement des délinquants. Donc, quand on cambriole une maison, on n'est pas un "jeune", on est clairement un cambrioleur. Quand on vole dix fois des voitures, on n'est pas un "jeune", on est un voleur multi-récidiviste. Et quand on braque une mère de famille dans sa voiture avec ses enfants sur la banquette arrière, devant la tribu de Saint-Louis, on n'est pas un "jeune". On est un voyou, un bandit, un criminel. Donc, il faut dire les choses.

Et je suis convaincu que ce n'est pas l'Etat colonial, comme l'a dit Roch Wamytan, qui est à l'origine de cette délinquance; je suis convaincu qu'il y a, là aussi, une incapacité de certains parents, de certains coutumiers, à éduquer et encadrer un certain nombre de jeunes. Il faut donc prendre des dispositions fermes, notamment une augmentation forte des moyens des forces de l'ordre - dont je salue déjà le travail accompli, et il faut engager des actions de répression, de sanction...



Retrouvez l'interview complète de Gaël Yanno réalisée par Eric Dufour

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