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Grève des pharmaciens : la Calédonie s'organise

Depuis lundi, une majorité de pharmacies de Nouvelle-Calédonie observent le mouvement de grève lancé par leur syndicat, parfois avec un service minimum. Les clients en quête de médicaments grossissent les files d'attente. Réquisitionnées, les pharmacies des mutuelles et hôpitaux s’adaptent.

Dans une pharmacie ouverte le matin, pour assurer la continuité des soins. © NC 1ère / Philippe Kuntzmann
© NC 1ère / Philippe Kuntzmann Dans une pharmacie ouverte le matin, pour assurer la continuité des soins.
  • Rédactions de NC 1ère
  • Publié le , mis à jour le
Le cinquième jour de grève générale commence, pour la majorité des pharmacies... et les clients en quête de médicaments. En cause: un conflit entre le syndicat des pharmaciens et le gouvernement.
 

Les raisons du conflit

Tout commence en 2014. Alors qu’en Métropole, on baisse les prix des médicaments, en Nouvelle-Calédonie le gouvernement décide de les geler… le temps de trouver une formule pour calculer le tarif des médicaments. Question complexe. Il ne faut pas qu'ils coûtent trop cher au patient. Il ne faut pas qu’ils coûtent trop cher à la Cafat, car c’est la Cafat qui rembourse sur ordonnance. Et il faut aussi que le pharmacien puisse dégager une marge. 

La formule idéale. © Infographie NC 1ère
© Infographie NC 1ère La formule idéale.

Blocage

Après concertation, une méthode de calcul est trouvée, qui satisfait gouvernement et pharmaciens. Une loi de pays est adoptée en mars 2017. Ça bloque sur les détails. Les pharmaciens demandent la fin du gel sur le prix des médicaments, et l’application de la nouvelle méthode de calcul avec des marges qui leur sont favorables. 
Non, répond le gouvernement, qui compte bien obtenir des médicaments moins chers, moins de marges et donc moins de remboursement par la Cafat. 
Nouvelle-Calédonie 1ère s’est procurée une copie de l’étude réalisée par un cabinet d’audit. Il en ressort que, selon les scénarii retenus, les marges de la filière peuvent varier de 78 à 400 millions CFP. 

© Infographie NC 1ère
© Infographie NC 1ère

Embouteillage 

En attendant de trouver une issue à ce bras-de-fer stratégique et politique, les Calédoniens doivent s’adapter pour trouver de quoi se soigner. A la pharmacie mutualiste de Normandie, les clients prennent un ticket pour être servis. Hier, ils devaient patienter en moyenne une heure, voire une heure trente. Marguerite Poigoune est allée à leur rencontre.
«Ça fait une heure que j'attends»

Avancer l'argent

Les pharmacies mutualistes ont été habilitées à fournir des médicaments dès lors qu'une ordonannce est présentée. Mais les gens non adhérents des mutuelles doivent avancer l’argent, et se feront rembourser plus tard. C’est ainsi que procède l’officine de Pouembout depuis lundi, explique sa gérante, Caroline Dewaele. Des propos recueillis par Marguerite Poigoune.
«On ne peut pas faire de tiers payant»
 

Le Médipôle anticipe

Les pharmacies rattachées aux cliniques et aux hôpitaux ont été elle aussi habilitées à servir les personnes qui présentent une ordonnance le temps de la grève. Mais difficile de répondre à la demande quand on manie plutôt des médicaments hospitaliers et conditionnés. Et qu'on n'a pas toutes les références des officines généralistes. A la pharmacie centrale du Médipôle, la priorité est donnée pour l’instant aux patients qui quittent l'hôpital. Les autres sont orientés vers les enseignes de garde, explique Pascale Klotz, la directrice adjointe du Médipôle. Des propos recueillis par Alex Madec.
«On favorise les sorties d'hospitalisation»

«Acteurs de santé publique»

A Lifou, les deux pharmacies de Lifou assurent un service minimum depuis le début de la grève. Même si elle soutiennent totalement le mouvement, elles demeurent ouvertes au public le matin et se gardent disponibles pour les urgences l’après-midi. Philippe Kuntzmann a rencontré l’un de ces professionnels de santé. 
La réalité des pharmacies à Lifou


 


Les pharmacies ouverte ce vendredi

• Deux pharmacies grévistes sont de garde:
- à Nouméa, la pharmacie de Ouémo, 99 rue Daly (de 8 heures à 12h15 et de 14 heures à 19h15; 25 27 07);
- dans le Grand Nouméa, la pharmacie du centre commercial Kenu-In (ouverte de 8 heures à 19h30);

• Plusieurs autres sont ouvertes normalement :
- la pharmacie de Pouembout (de 8 heures à 12h30 et de 14 heures à 18 heures; 41 94 41);
- la pharmacie de Poindimié (de 7h30 à 12h15 et de 14h15 à 18 heures; 41 85 81).
- la pharmacie de Sainte-Marie, près de l’hypermarché (de 8 heures à midi et de 14h30 à 18 h30; 27 71 27);
- la pharmacie normale rue de l’Alma (de 7 heures à 19 heures; 27 27 02);
- la pharmacie de Katiramona (43 10 44);
- la pharmacie de Koné (47 21 62);
- la pharmacie de Voh (de 8 heures à 12h30 et de 14h30 à 19 heures; 42 48 01);
- la pharmacie de Kaala-Gomen (42 32 00). 
- la pharmacie des Hibiscus à Koumac (de 7h30 à 11h45 et de 13h30 à 18 heures; 47 59 60). 
- la pharmacie de l’île des Pins à Vao (de 8 heures à midi et de 14 heures à 17 heures; 41 16 09);

• Dans les îles, les pharmacies du Santal à Chepenehe (45 00 69), de Lifou à Qanono (45 13 45), de Maré à Tadine (45 45 50) et d’Ouvéa à Ouloup (45 01 11) ouvrent le matin jusqu’à midi.
Idem pour la pharmacie de Pouebo à Diahoué sur le site du dispensaire (47 55 06).
La pharmacie de Hienghène assure une permanence quotidienne de 10 heures à midi (47 30 30).

• Les pharmacies mutualistes :
- de la Place, au centre-ville de Nouméa 29 rue Clemenceau (de 7 heures à 18 heures; 27 31 57);
- de Pouembout (de 7h30 à 18h30; 47 32 17);
- de Normandie, le long de la route du Sud (de de 7h30 à 18h30; 43 63 78).

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