Hausse du dollar et guerre froide commerciale ont pesé sur le cours du nickel calédonien

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NICKEL
Matthew Chamberlain est le directeur-général de la Bourse des métaux de Londres (LME) ©Alain Jeannin
La Nouvelle-Calédonie est le cinquième producteur mondial de nickel. Au cours actuel, il représente plus de 5 % du produit intérieur brut et plus de 6 % des salariés du Territoire.
Le cours du nickel a fini la semaine en baisse à la Bourse des métaux de Londres (LME), handicapé par un dollar qui s'apprécie et en dépit de données chinoises jugées encourageantes.

Les chiffres meilleurs qu'attendu de la production industrielle chinoise sont pourtant venus apporter vendredi un peu d'optimisme au marché qui les interprète comme un signe de retour progressif à la normale dans le premier pays à avoir été touché par l'épidémie de Covid-19.

Selon des statistiques officielles, la production industrielle en Chine a connu un rebond en avril à +3,9 %, une première depuis le début de l'année qui se traduit en demande accrue de matières premières dont devrait bénéficier le cours du nickel.

"Une hausse des cours du nickel, comprise entre 7,5 % et 15 %, est fort possible au second semestre, ce qui mettrait le prix du métal entre 12.330 dollars et 13.190 dollars la tonne, il reste un peu de temps pour voir quelle tendance se dessine", a indiqué à la1ere Andy Farida, analyste des métaux industriels et de l’acier inoxydable chez Fastmarkets à Londres.

Mais cet optimisme est contrarié par "la hausse du dollar américain", a estimé Anna Stablum, de Marex Spectron. Le nickel, comme beaucoup de matières premières, étant libellé en billet vert au LME de Londres, une hausse de celui-ci rend le métal plus onéreux pour les acheteurs utilisant d'autres devises, et notamment la Chine.

Le dollar index, qui mesure la devise américaine par rapport à un panier d'autres devises, s'est apprécié de 0,48% sur la semaine, et d'environ 1,2% depuis le début du mois de mai.

De plus, la nouvelle guerre froide et les relations tendues entre Pékin et Washington refont surface: le président américain Donald Trump a même menacé jeudi de rompre toute relation avec la Chine en raison de sa gestion du coronavirus. Des propos qui ont relancé l'inquiétude, "l'aversion au risque" des investisseurs du marché des métaux de Londres.

Sur le LME, la tonne de nickel pour livraison dans trois mois s'échangeait à 11.825 dollars vendredi à la clôture des échanges à la Bourse des métaux de Londres. Vendredi, le cours du nickel a baissé de 1,95 % et de 3,74 % sur la semaine.