Jim Lennon, le gourou du nickel garde l’œil sur la Nouvelle-Calédonie

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Jim Lennon
Jim Lennon, analyste du nickel à Londres ©Alain JEANNIN
A la Bourse des métaux de Londres, Il préfère rester dans l’ombre. Jim Lennon se tient à bonne distance des traders et des négociants du ring où ils sont face à face. Son domaine, c’est l’analyse, et tout particulièrement des projets miniers du nickel dans le Pacifique Sud.

Son expertise est unique. Elle porte notamment sur les mines et les usines de la Nouvelle-Calédonie dont il suit chaque jour la production à partir de données qui lui sont transmises par les industriels et la Bourse des métaux de Londres (LME).

"La Nouvelle-Calédonie est le troisième producteur minier de nickel et le septième producteur métallurgiste mondial, le Territoire produit plus de minerai que le Canada selon les dernières statistiques. Dans un contexte de pénurie et de forte demande pour les batteries électriques et l'inox, le Territoire est un acteur essentiel. Sans la Nouvelle-Calédonie nous avons un problème".

En juillet 2013, le natif d’Oackland fut l’un des principaux animateurs de la conférence mondiale du nickel qui s’est tenue à Nouméa. Celui qui avait découvert la Nouvelle-Calédonie alors qu’il était étudiant au milieu des années 70 ne pouvait imaginer qu’il deviendrait un jour le premier expert mondial du nickel.

Jim Lennon un analyste du nickel calédonien au LME ©Alain Jeannin

Né en Nouvelle-Zélande

L’analyste londonien a grandi en Nouvelle-Zélande. Jim Lennon ne s’est jamais beaucoup éloigné de ses racines. A Londres où il réside depuis la fin des années 80, il conseille un géant bancaire australien, Macquarie bank, un acteur financier du nickel dans le Pacifique Sud.

"Ce que je crois, c’est que l’avenir est bien meilleur pour l’industrie du nickel de la Nouvelle-Calédonie après les gros nuages sur ses usines ces deux dernières années. Aujourd’hui avec des prix plus élevés et une forte demande les nuages ont pris de la hauteur et donc il y de l’espoir et les conditions sont réunies pour que la Nouvelle-Calédonie regagne sa réputation de grand producteur minier et de produits du nickel, l’avenir est très prometteur ".

Le gourou du nickel

Jim Lennon est un analyste discret mais influent. Il conseille Macquarie mais a pris de la distance avec le marché. Il préside sa propre société de conseils, Red Door Research, spécialisées dans l’étude et le financement des projets miniers et industriels, principalement dans le nickel. "Ces deux dernière années les trois usines de la Nouvelle-Calédonie n’avaient pas gagné d’argent, maintenant tout a changé, le prix du nickel est élevé, il est devenu rentable. La bonne nouvelle, c’est que les grands acteurs industriels de la Nouvelle-Calédonie n’ont plus  intérêt à partir, si tant est qu’ils l’aient envisagé".

KNS
L'usine de nickel du Nord (Koniambo Nickel-KNS) en Nouvelle-Calédonie ©Claudine WERY/AFP

Un certain 8 mars 2022

Investisseurs et commerçants furieux, analystes désabusés. Pour de nombreux acteurs, le marché du nickel est "cassé". Le 8 mars, la cotation du métal a été suspendue à la Bourse des métaux de Londres après une flambée des prix de 250 %. Bien que les échanges aient repris, le marché reste pratiquement paralysé.

Le cours a baissé de 70% depuis sa "farce" à plus de 100.000 dollars la tonne, où pas un gramme de nickel n’a été vendu, une folle flambée des prix qui n’aura duré que quelques heures.

Malgré ce chaos, au cœur de la City, des analystes poursuivent l’étude des grands projets industriels et miniers de la transition énergétique, leur financement et leur rentabilité. Dans le petit cercle des experts du nickel à Londres, Jim Lennon arrive en tête de liste.  

LME Nickel : 01/04/2022 cours provisoire : 32.099 dollars/tonne - 2,41%