​​​​​​​Kaala-Gomen : village sans commerces

Depuis plusieurs mois, la fermeture de plusieurs commerces pousse une grande partie des administrés à se rendre sur Koumac pour s'y approvisionner. Une situation très difficile en particulier pour les personnes âgées.

« Depuis 1962, jour où je me suis marié, c’est la première fois que je vois Kaala-Gomen dans cet état. C’est triste de voir çà. Aujourd’hui, ce sont les habitants du village et des tribus qui souffrent de cette situation ». 


Le regard affligé, Arlette Girold est amer. Agée de 76ans, c’est la première fois qu’elle voit le village quasiment désert. Elle, qui aimait chaque matin acheter sa baguette de pain dans son épicerie. 
« J’allais à pied puisque le magasin est près de chez moi; le Kaala était bien achalandé. Il y avait aussi les pompes à essence et du gaz ».
La poussière et quelques graffitis ornent à présent la façade du commerce. L’épicerie a fermé ses portes en novembre 2017.

L’activité commerciale en berne

Rideaux fermés. Pompe à essence hors d’usages. Le village de Kaala-Gomen s’est quelque peu éteint depuis le début de l’année. Ces fermetures en cascade interrogent l’ensemble des habitants mais également les visiteurs.
Ces commerces de proximité préservaient le lien social, entre les gens des tribus et ceux du village. 

« On voyait beaucoup de monde. On pouvait discuter notamment avec le personnel du magasin », confie Arlette Girold, « pour les personnes âgées, c’était un peu notre petite sortie de la journée. Mais, il y a plus personne et c’est vraiment dommage ».


Koumac, seul espoir de ravitaillement
L’absence de commerce a créé une certaine forme d’angoisse notamment auprès des personnes âgées. Le 3ème âge compose près d’1/3 de la population du village. Une situation qui laisse un goût amer, déplore la septuagénaire, Rose Goapana:

« C’est pas possible d’en arriver là. Aujourd’hui, lorsque l’on veut aller au magasin, on va sur Koumac et pour le pain, nous allons à la tribu de Païta. Ici, il n’y a plus rien. Plus d’essence, plus de gaz. Rien du tout ».



S’organiser autrement : le co-voiturage
Les anciens sont désormais obligés de faire appel à la famille ou à des amis pour être véhiculer sur Koumac, la ville la plus proche. 

« J’attends que ma copine m’envoie un message », avoue Arlette Girold, dépitée. « Elle a une voiture et ensemble, nous pouvons aller faire nos courses à Koumac.

« Dès que je suis dans l’embarras, je l’appel automatiquement. Ce n’est pas facile pour les anciens surtout que nous avons une petite retraite. Si on devait prendre un taxi, il faudrait encore débourser ».
Pour Rose Goapana, « je vis cette situation très difficilement. J’ai de la chance d’avoir mes enfants qui m’aident. Avec les voisins, nous avons appris aussi à nous entraider ».

Une réouverture est possible
La commune de Kaala-Gomen compte plus de 2500 habitants.
Dans le village, la possible réouverture d’un commerce de proximité apporte une lueur d’espoir en particulier pour les personnes âgées vivant le plus souvent seul.