KNS et SLN, ces deux usines calédoniennes dont le nickel brille plus intensément en 2022

nickel
KNS
Métallurgiste calédonien tenant du ferronickel dans ses mains. L'alliage est destiné aux aciers inoxydables de haute pureté. ©Nicolas Alain-Petit/AFP
Indépendamment de la guerre en Ukraine qui entraîne une flambée durable du nickel, les équipes calédoniennes du géant Glencore ont réussi à relancer la production de l’usine du Koniambo. De son côté, le groupe français de la transition énergétique Eramet, a vu son chiffre d'affaires bondir de 65% au premier trimestre et plus encore dans le nickel en Nouvelle-Calédonie.

Comme l’annonçait Jim Lennon, expert des investissements dans le secteur du nickel pour le géant bancaire australien Macquarie, "la production métallurgique et minière calédonienne décolle au mois de mars, celle de KNS mais aussi celle de la SLN et de PRONY".

Quelques heures plus tard, les groupes Glencore et Eramet confirmaient par la publication de leurs résultats trimestriels, les chiffres dont disposait l’analyste londonien.

Glencore et KNS

La production mondiale de nickel de Glencore au 1er trimestre 2022 (30.700 tonnes) est en hausse de 22 % par rapport au même trimestre 2021 (25.200 tonnes) : "C’est une production plus forte qui reflète la montée en puissance opérationnelle des deux fours de (l’usine) du Koniambo", a précisé Glencore dans son rapport financier.

La relance de l’usine est donc effective et confirmée, pour preuve, la hausse de 109 % de sa production au 1er trimestre. En 2021, KNS avait investi et revu son processus industriel. Comme l’indique Jim Lennon, "KNS fonctionne et produit" .

La production de l'usine du Nord a atteint 7.100 tonnes. Elle se rapproche de sa cousine australienne de Murin Murin (7.700 tonnes), mais aussi de sa sœur calédonienne, la SLN, qui a produit 9.900 tonnes.

Eramet et la SLN

Au même moment que Glencore, Eramet a publié son rapport financier trimestriel. Le groupe annonçe une forte croissance du chiffre d’affaires au 1er trimestre et une très bonne performance opérationnelle des activités minières et notamment : "+10 % de minerai de nickel produit en Calédonie, + 46 % de volumes d’exports".

Au 1er trimestre, le prix moyen du nickel au LME a atteint en moyenne 26.400 dollars la tonne "reflétant la forte augmentation des prix du ferronickel + 59 % par rapport à 2021". Le chiffre d’affaires de la SLN (mines et usine) atteint 270 millions d’euros au 1er trimestre +84 %. La production de ferronickel a été de 9.900 tonnes.

Eramet tempère un peu ces résultats en rappelant la forte augmentation des coûts de l’énergie et du fret qui ont fait monter le coût de production de l’usine de Doniambo. Une solution de "Centrale Accostée Temporaire", visant à assurer à court terme la continuité de la fourniture d’électricité de l'usine est en cours de déploiement.

On résume

La SLN a de nouveau été rentable au 1er trimestre 2022, de son côté KNS monte en puissance. Eramet et Glencore sont optimistes. Jeudi, le dollar continuait de se renforcer face aux monnaies japonaise et européenne. Une bonne nouvelle pour les entreprises du secteur des matières premières puisque les transactions se font en billets verts, mais une moins bonne pour la demande chinoise de nickel puisque le Yuan baissait face au dollar.