L'abeille à bandes bleues, une espèce à part sujet d'une étude en Nouvelle-Calédonie

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L'abeille bleue Amegilla pulchra introduite en Nouvelle-Calédonie en 2016
Originaire d'Australie, l'abeille bleue Amegilla pulchra est présente en Nouvelle-Calédonie, depuis 2016. Elle a été observée à Bourail et à Koné, en 2021. ©NC la 1ère
Elle butine dans les jardins de Nouméa et se disperse dans le Nord, depuis plusieurs années. L'abeille bleue, une espèce à part, fait l’objet d’une thèse de doctorat, afin de comprendre son utilité au sein de la biodiversité calédonienne.

L'abeille bleue est bien bleue, comme son nom l'indique, un peu trapue, pas agressive, mais il y a un mais : elle ne produit pas de miel. C’est une solitaire qui niche dans la terre. Alors pourquoi est-elle l'objet de tant de coups de filets ? Parce qu'elle fait l'objet d'une thèse, afin d'évaluer son impact sur la faune et la flore calédoniennes.

"L'arrivée de ces abeilles simplifie-t-elle ou au contraire renforce-t-elle ou pose-t-elle question pour le service de pollinisation ? Ensuite, aux dépens de quelles plantes ? Est-ce que cela favorise les plantes natives ou bien les exotiques ?", s'interroge Hervé Jourdan, entomologiste à l'Institut de recherche et de développement (IRD) et directeur de thèse.

"Elle fait des bonds fulgurants vers le Nord"

Douze sites ont ainsi été répertoriés, avec le concours de la mairie de Nouméa puisque c’est une citadine. Enfin, c’en était une. "Elle était cantonnée à peu près à la même zone, autour de Nouméa. Mais depuis 2020, elle fait des bonds fulgurants vers le Nord. Nous observons des points qui montent jusqu'à Koné. Elle part en phase d'expansion et c'est typique d'une abeille introduite, qui, au début, va prendre de l'énergie à se maintenir dans un milieu, qui est pour le coup la ville, et une fois que les populations sont assez importantes, on peut avoir une phase d'expansion. C'est ce qu'elle semble faire actuellement", observe Marie Zakardjian, doctorante en entomologie.

Retrouvez, ci-dessous, le reportage de Karine Arroyo et Gaël Detcheverry :

©nouvellecaledonie

Pour l'instant, l’abeille bleue vole avec quelques-uns de ses secrets : quel est son pic d’activité, quelles sont ses fleurs préférées, ses éventuels prédateurs ? D’où l’intérêt de l’observer de près, avant de la juger. "L'idée, c'est de ne pas condamner d'emblée ce nouveau pollinisateur, puisque souvent la plupart des plantes nécessitent plusieurs pollinisateurs pour une pollinisation efficace et avoir une production de fruits et de graines importante", explique Hervé Jourdan.

L'enjeu c'est de comprendre la dynamique de la biodiversité et le service rendu par les insectes pour la pollinisation en Nouvelle-Calédonie

Hervé Jourdan, entomologiste à l'IRD

Des observations à signaler

Ce service est rendu exclusivement par les femelles. Les mâles s’occupant uniquement de la reproduction. "Elles ont plein de grains de pollen sur leurs pattes. C'est un indice qui permet de voir, à l'œil nu, si ce sont des mâles ou des femelles. En général, une fois que nous avons capturé un individu, nous aimons bien la passer sous la loupe, pour le confirmer", renseigne Thomas Cochenille, étudiant en Master 2 et en stage à l'IRD.

Autre particularité, la demoiselle ne vole qu’avec le soleil. Si vous observez cette abeille bleue, soyez participatif, en allant sur la page Facebook qui lui est consacrée, ou écrivez à l’adresse mail amegilla.pulchra@gmail.com.