Trois élus souhaitent supprimer les droits de douanes sur des produits australiens et néo-zélandais

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Courses supermarché
©NC 1ère

Des élus membres de l'Avenir en Confiance ont déposé une proposition de texte sur le bureau du Congrès. Elle vise à supprimer les droits de douanes sur des produits venus d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

Les élus loyalistes la présente comme une mesure de lutte contre la vie chère. Dans un communiqué envoyé ce mercredi, Philippe Blaise, Guy Olivier Cuenot et Alesio Saliga annoncent avoir fait une proposition de loi du pays au Congrès : supprimer les droits de douanes sur certains produits importés de chez nos voisins australiens et néo-zélandais. "L'impact sera favorable aux Calédoniens" indiquent les élus.

Quels produits sont concernés ?

Ces droits de douanes dans ce cas de figure s’élèvent à 10%; une somme non-négligeable, surtout que la liste des produits concernés par cette loi de pays est uniquement composée de produits de première nécessité. On y retrouve par exemple les produits laitiers, les pâtes, le riz, le thé.... mais aussi les produits d’hygiène comme le savon, le gel douche, les tampons et les serviettes et des produits d’entretien.

Côté alimentaire, on liste les crevettes, les yaourts, le café ou les légumes surgelés… de quoi alimenter les débats entre importateurs et producteurs locaux.

Une volonté de relancer l'économie

"L’amélioration du pouvoir d’achat des Calédoniens constitue pour nous une priorité permanente." indique les élus du groupe Avenir en Confiance.

Il s’agit pour eux, d’une mesure de relance de l’économie que le gouvernement Santa avait présenté en novembre 2020. L’objectif étant de faire repartir l’économie calédonienne dans un contexte de crise sanitaire; un contexte qui a révélé, une "dépendance" de la population de Nouvelle-Calédonie aux approvisionnements extérieurs, en matière première et en produits finis. La grande distribution s’était alors tournée à ce moment vers les pays voisins plutôt que vers l’Europe. Cette mesure représenterait un manque à gagner pour les douanes de près de 73 millions de francs selon le budget présenté par l’Avenir en Confiance: c’est seulement 1% du total perçu par les douanes.

Le document complet concernant la proposition du texte de loi à lire ici.


Lutter contre la vie chère

A la demande du 16ème gouvernement, l’autorité de la concurrence a rendu un rapport sur la structure des coûts des produits de grande consommation afin d’agir efficacement contre la vie chère "qui touche tous les Calédoniens et particulièrement les familles aux revenus modestes."
 
"Ce rapport a démontré tout l’intérêt pour la Nouvelle-Calédonie de favoriser le développement des échanges régionaux avec les pays voisins comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande à travers notamment une politique de baisse des droits de douanes." estiment les élus.
 
La chute du gouvernement en février dernier, suite à la démission des indépendantistes, n’aura pas permis d’examiner ce texte. "Nous solliciterons l'Etat pour qu'il apporte son soutien à la conclusion d'un accord commercial, entre la Nouvelle-Calédonie et nos voisins Australiens et Néo-Zélandais, qui doit accompagner ce projet" indique le communiqué.

La Finc et le syndicat des importateurs réagissent

Pour le syndicat des importateurs, c’est un bon début. Cette suppression des droits de douanes devrait donner du souffle aux entreprises. "La situation aujourd'hui est quand même compliquée, par rapport à la crise sanitaire qui a impacté fortement les coûts du fret : maritime et aérien. Ça va apporter un peu d'air aux entreprises mais je pense qu'il faut voir sur du long terme" explique Sylvie Jouault, la déléguée générale du syndicat.

Du côté de la Finc, la Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie, le ton est différent. Xavier Benoist, son président, regrette en effet, que le monde économique n’ait pas été consulté et il s’inquiète pour les produits qui sont fabriqués localement. "Si on avait voulu accompagner notre industrie locale par exemple, on aurait pu imaginer d'avoir dans la liste, des matières premières qui sont utilisées dans l'industrie calédonienne et il n'y en a pas un seul. Pour moi, le plus surprenant, c'est que l'on donne un avantage à l'Australie et la Nouvelle-Zélande, sans mettre de contrepartie" dit-il.

Autre inquiétude : le manque de garantie pour le consommateur en bout de chaîne. "Le texte ne dit pas comment est-ce que l'on va analyser que tout cela est rétrocédé à un moment ou à un autre au consommateur" conclut Xavier Benoist.