La prison australienne de Nauru dans le collimateur

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Un dessin réalisé par un enfant détenu dans le centre de Nauru.
Un dessin réalisé par un enfant détenu dans le centre de Nauru. ©Photo supplied / ABC - Radio Australie
Le Guardian s'est procuré de nombreux documents émanant de ce centre de rétention. Plus de 2 000 incidents y sont répertoriés. Une grande opacité entoure la structure. 
+ Des accusations d'agressions sexuelles, des menaces de mort proférées par un gardien contre un enfant, des tentatives d'automutilation. Les documents publiés en ligne par le Guardian présentent « un tableau inquiétant » de la situation à Nauru entre 2013 et 2015, commente Elaine Pearson, de l'ONG Humain Rights Watch.
« Il est important de souligner que ce ne sont pas des faits qui sont rapportés, mais des allégations », répond Scott Morrison, ancien ministre de l'Immigration, désormais chargé des Finances.
 
+ Pour savoir ce qu'il en est du traitement des demandeurs d'asile et des réfugiés à Nauru, plusieurs associations, ONG et les Verts, réclament la mise en place d'une commission royale d'enquête. Une demande rejetée par le Premier ministre. Malcolm Turnbull assure que le gouvernement fera sa propre enquête : « ces informations seront examinées attentivement pour voir s'il y a des plaintes ou des problèmes qui n'ont pas été correctement traités. »
 
+ Depuis la réouverture du centre, en 2012, le gouvernement communique très peu sur les cas et accusations de violences. Ce sont les organisations humanitaires qui se font le relais des plaintes des réfugiés et demandeurs d'asile. Et comme Nauru rejette pratiquement toutes les demandes de visa des journalistes étrangers, c'est la seule source d'information disponible. Le chef de file des travaillistes, Bill Shorten, accuse le gouvernement d'être « accro au secret » : « la transparence est le meilleur moyen, à mon avis, de s'assurer que les gens qui sont placés sous notre responsabilité sont traités de manière convenable et que les normes australiennes sont respectées dans ces centres de rétention. Si l'on doit placer des demandeurs d'asile dans des centres situés à l'étranger, il faut que cela soit fait de la manière la plus sûre possible. Le fait que les gens soient indirectement à la charge de l'Australie ne dispense pas l'Australie de tout faire pour qu'ils soient en sécurité. »

+ La culture du secret qui entoure le centre de rétention est l'une des deux « principales sources d'inquiétude » pour Gillian Triggs, la présidente de la Commission australienne des droits de l'homme - l'autre étant la présence d'une cinquantaine d'enfants dans le centre. C'est aussi l'avis du directeur exécutif du Centre des droits de l'homme, Hugh de Krester : « on doit réfléchir au rôle important joué par les lanceurs d'alerte, qui ont permis de publier ces informations aujourd'hui. Ils ont fait preuve de courage, ils ont pris le risque de faire l'objet de poursuites judiciaires. Ce que l'on observe depuis 2013, depuis que la coalition libérale-nationale est arrivée au pouvoir, c'est une intensification du secret et une attitude agressive envers les lanceurs d'alerte. Il faut absolument ouvrir le système pour l'examiner. »
 
+ L'Agence des Nations unies pour les réfugiés se dit « profondément préoccupée » par ces nouvelles révélations sur le centre de Nauru.
 
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