Le centre funéraire municipal de Nouméa sous tension

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Le centre funéraire municipal de Nouméa sous tension
Depuis le début annoncé de l'épidémie, il y a trois semaines, le virus a déjà fait 101 morts. ©Nicolas Fasquel / NC LA 1ère
Avec la hausse de la mortalité causée par le Covid-19, les services mortuaires font face à un afflux inhabituel de cercueils. Exemple, à la morgue de Nouméa. Chaque jour, le personnel doit prendre en charge une quinzaine de défunts, contre trois avant l'épidémie.

L’arrivée d’un véhicule de transport funéraire dans la cour de la morgue municipale… Ces derniers temps, cette scène peut se reproduire près de vingt fois dans une même journée. Le cercueil du défunt est d’abord placé dans une des huit salles de veille, où se trouvent déjà plusieurs autres cercueils. Les familles sont invitées à exprimer leur choix pour les funérailles : inhumation, crémation ou encore transfert vers une autre destination, comme les îles, par exemple.

Avant la cérémonie, une heure de recueillement est autorisée, avec dix personnes au maximum, selon le protocole funéraire édicté par le gouvernement. Les salles sont intégralement nettoyées après chaque utilisation. 

Des délais trop courts pour les familles 

L’enterrement ou la crémation peuvent avoir lieu 24 heures après la fin de vie, et les décès Covid doivent impérativement être traités sous 48 heures. Un délai beaucoup trop court pour certaines familles, qui ont besoin de plus de temps heures pour organiser les obsèques. C’est pourquoi deux conteneurs ont été installés pour stocker les cercueils en attendant les décisions familiales. 

On est en situation de crise. La semaine dernière, le centre funéraire a enregistré l’entrée de 107 défunts. C’est ce que nous traitons habituellement en un mois.

Alan Boufenèche, directeur de la vie citoyenne de la ville de Nouméa.

 

 

Depuis le 7 septembre, au lendemain de l’annonce de l’épidémie, le centre funéraire a pris en charge 190 défunts. Soit autant de familles endeuillées "qu’il a fallu suivre et accompagner pour que les funérailles se passent au mieux", poursuit Alan Boufenèche. Pour éviter l’engorgement du centre funéraire, ses 12 employés ont reçu du renfort des autres services municipaux.