Le col des Roussettes : une route à l'épreuve du temps

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Col des roussettes 2022
Le col des Roussettes a été très endommagé par les pluies lors du passage de Fili. ©NC la 1ère
Depuis 10 jours, le col des Roussettes est interdit à la circulation des bus et des camions, après l'éboulement survenu dans sa partie haute. Le trafic est perturbé, mais la solidité de l'assise de la chaussée autorise certains dépassements. Une transversale Bourail-Houaïlou qui a une histoire de près d'un siècle.

A un kilomètre au sommet du col des Roussettes, côté Ouest, tout un pan de la route s'est effondré. La première mesure a été de ramener la circulation à une voie. Comme au col d'Amieu, les responsables de la DITTT font confiance à la solidité de l'assise taillée à la main par une main d'oeuvre de condamnés. Aujourd'hui retraité, éleveur à la Pouéo, et fils de l'ancien cantonnier du col, Bernard Darras partage cet avis. "C'était fait minutieusement."

Avant l'arrivée des pelleteuses et des bulldozers

Le mur dans la haute vallée de Houaïlou, côté Est, témoigne du travail accompli sous la contrainte, bien avant l'arrivée des pelleteuses et des bulldozers. Retraité, Tchoé Gowe est né juste à l'ouverture de l'axe, son père y a travaillé.

Tchoé Gowe
Tchoé Gowe est retraité de Boéareu, à Houaïlou. ©NC la 1ère

"Il y en avait qui cassaient les pierres, les routes qu'ils construisaient tenaient le coup, car ils ne remuaient pas la terre. Il y avait des ouvriers pour chauffer et affuter les outils qui devaient être tranchants."

Un siècle d'existence

A la fin de la décennie, le col des Roussettes fêtera un siècle d'existence. Le coût des travaux était dérisoire grâce à une main d'œuvre bon marché : des condamnés en fin de peine, à l'ouest, et des assujettis à l'impôt de capitation, à l'est. "Il y avait des Arabes sous contrat, ils s'entendaient bien avec nos vieux", ajoute Tchoé Gowe.

Les principales victimes du problème causé à la circulation sont les usagers des autocars Raï. Les camions, quant à eux, continuent de passer à leurs risques et périls.

Le reportage de Gilbert Assawa et Nathan Poaouteta :

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