Le colonel de la gendarmerie condamné pour violences conjugales : les réactions

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Le site Mediapart a révélé que le colonel Eric Steiger, commandant de la gendarmerie de Nouvelle-Calédonie avait été condamné pour violences conjugales. Alors que la gendarmerie ne s’est pas encore exprimée sur cette affaire, voici les réactions de Sonia Backès, Thierry Santa et Calédonie ensemble.

Surprise générale ce matin pour les Calédoniens. Le colonel Eric Steiger, commandant de la gendarmerie du Territoire, nommé en mai 2021, a été jugé et condamné pour violences conjugales commises en 2018. Des révélations faites par le site Mediapart ce mercredi soir 18 août (heure métropolitaine). 

Dans l’enquête publiée par le média d’Edwy Plenel, on découvre que le colonel a été condamné à 6.000 euros d'amende le 28 mai 2021 par la cour d'appel de Paris pour "violences volontaires sur conjoint". Une peine plus légère que celle prononcée en première instance : en février 2020 il avait été condamné à six mois de prison avec sursis mais avait fait appel de ce jugement. Lors du second procès, le haut-gradé a reconnu les faits, selon un extrait du jugement publié par Mediapart : "Éric Steiger a déclaré avoir pris conscience que son comportement envers sa femme avait été violent et il tenait à reconnaître sa responsabilité".

Les réactions des loyalistes
 

Suite à la publication de l'enquête, les réactions des politiques ne se sont pas fait attendre. Ce jeudi matin, Sonia Backès a déclaré : ​​"J’ai signalé cette nuit aux plus hautes autorités de l’État que cette fonction était incompatible avec ce type de délit et qu’il fallait au plus vite prendre la décision de renvoyer ce colonel en Métropole"

“Les faits qui lui sont reprochés sont inacceptables à titre humain et d’autant plus à cette fonction-là. Je pense que c’est complètement incompatible. Je considère que l’on ne peut pas le laisser à cette fonction là ,en ayant eu un comportement pareil. Au-delà du comportement inacceptable (...) cela pose un problème de sang-froid dans la période que l’on connaît et que l’on va connaître en Nouvelle-Calédonie."

Elle a également ajouté :  

Je considère que l’Etat doit rapidement prendre la décision de le renvoyer en Métropole. Dans un pays où 22 % des femmes sont victimes de violences conjugales, c’est une cause territoriale pour toutes les institutions y compris pour l’État, on ne peut pas avoir le commandant de la gendarmerie qui a été condamné pour des violences sur son épouse.

Sonia Backès

 

Interview de Sonia Backès par Alix Madec

Thierry Santa s'est lui aussi exprimé sur Facebook concernant cette affaire et appelle l’État à une “exigence d’exemplarité des dépositaires de l’autorité publique”.

"La Nouvelle-Calédonie apprend aujourd'hui avec stupeur que le commandant de la Gendarmerie a été condamné pour des faits de violences conjugales (...) À la tête d'une institution régalienne aussi essentielle que la Gendarmerie Nationale dans la lutte contre ces violences, une telle condamnation ne peut que fragiliser le travail remarquable effectué par les forces de l'ordre (...)  Aucun dépositaire de l'autorité publique ne peut continuer à exercer ses fonctions quand il se rend coupable de tels agissements, contraires à l'honneur de son uniforme et aux valeurs de la République". 

Le parti Calédonie Ensemble s'exprime 

 

Calédonie Ensemble a partagé un communiqué ce jeudi 19 août concernant l'affaire du colonel Eric Steiger : 

"Nous avons pris connaissance aujourd’hui, par la presse, de la condamnation en appel du Colonel Eric Steiger, pour violences à l’égard de son épouse.
Nous considérons que cette décision de justice le disqualifie pour exercer les responsabilités de Commandant des Forces de Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie. Cette disqualification résulte d’abord de la politique même du Gouvernement de la République qui, par la voix de son Ministre de l’Intérieur, avait indiqué récemment que : “tout gendarme condamné pour violences conjugales ne devait plus être en contact avec le public, dans l’attente de la décision du conseil de discipline”.

 

"La Nouvelle-Calédonie n’est pas une poubelle"

De son côté, le FLNKS dénonce le choix de l’État qui, dit-il, a sciemment choisi de nommer à la tête de la gendarmerie un homme condamné pour violences conjugales. La Nouvelle-Calédonie n’est pas une "poubelle" écrit le front, qui exige le remplacement immédiat du numéro un de la gendarmerie.

Les associations de défense des droits des femmes sont également mobilisées. Le collectif Femmes en colère manifestera ce samedi, pour réclamer le départ du colonel.

Retour sur les faits avec le reportage d'Alix Madec :