Le déminage de la grande rade de Nouméa se poursuit

Les plongeurs scaphandriers doivent repérer les anciennes munitions dans la grande rade ©Natacha Lassauce-Cognard / NC la 1ère
Le Port autonome de Nouméa grouille d’une activité un peu spéciale. Depuis la semaine dernière, des plongeurs quadrillent la grande rade pour repérer des explosifs abandonnés, qui datent de la seconde guerre mondiale. Une opération de dépollution des plus complexes, qui va s'étaler sur plusieurs mois.

Des plongeurs dans la grande rade sont généralement le signe d'une opération hors norme. Et pour cause : les scaphandriers-plongeurs qui quadrillent le plan d'eau ces derniers jours sont chargés d’identifier les quelques 1 600 cibles magnétiques repérées il y a deux ans dans le Port autonome. Parmi ces cibles, des munitions non explosées datant de la seconde Guerre Mondiale. "On pense qu’il peut y avoir des mortiers, des pièces d’artillerie et peut-être des munitions lourdes comme des mines de marine", explique Jean-Pierre Garceran, patron de la Scadem, la Société calédonienne de dépollution et d'expertises maritimes, chargée du chantier. 

Pour repérer les cibles au fond de l’eau, les plongeurs sont équipés d’écouteurs et d’une sonde magnétique hypersensible qui signale le moindre objet en métal sous la vase. Ils ont aussi un appareil qui émet des fréquences pour repousser les requins. La plongée effectuée, un bilan est fait pour identifier les munitions.

4 à 6 mois pour explorer 177 hectares

Au total, les plongeurs ont plus de 170 hectares à parcourir, à onze mètres de fond, avec une visibilité très faible. Première zone examinée, le quai de l’usine SLN de Doniambo destinée à accueillir la future centrale électrique flottante. Ces travaux permettront aussi de réaliser les travaux d’extension du quai principal.

"Ce chantier est complètement financé par le port autonome pour un budget global de 220 millions de francs. Il durera entre quatre et six mois", confie Brice Kiener, directeur adjoint du Port autonome. Une fois les cibles identifiées, elles seront sorties de l’eau et entreposées dans une zone sécurisée, puis elles seront coulées à plus de 2 000 mètres de profondeur au large de Nouméa.

Le reportage de Natacha Lassauce-Cognard et Laura Schintu :