Une étude scientifique révèle que les dugongs calédoniens sont isolés

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Dugong
Dugong ©Matthieu Juncker
Les Dugongs font l’objet d’une attention particulière de la part des acteurs du Plan d'actions dugong. Parce qu’ils sont très sensibles aux actions de l’homme, et qu’ils ont complètement disparus de certaines zones. Au niveau mondial, l’espèce est d’ailleurs considérée comme vulnérable. Mais au vu d’une nouvelle étude, les spécialistes estiment que ce statut doit évoluer sur le Caillou.

En Australie, les populations de dugongs sont nombreuses. Cela pourrait paraître rassurant, si on les considère comme un réservoir possible de spécimens pour la Nouvelle-Calédonie. Or une étude menée par Opération cétacés, l'IRD et le WWF en partenariat avec l’Université James-Cook, dans le Queensland, montre que ces animaux isolés près du Caillou détiennent la plus faible diversité génétique mesurée au niveau mondial.

Forte différenciation génétique avec les autres populations

Grâce à des prélèvements de peau sur des dugongs échoués ou équipés de balises, les scientifiques ont comparé les ADN. "Il n’y a certainement aucune interaction, c’est-à-dire aucun mouvement de dugongs entre l’Australie et la Nouvelle-Calédonie, vu la différence qu’on observe au niveau génétique, explique Marc Oremus, responsable du WWF-France à Nouméa. Ça a forcément de grosses implications en ce qui concerne la conservation et la gestion des dugongs en Calédonie. Ça veut dire qu’on ne peut pas compter, de manière un peu naïve, sur des dugongs australiens pour venir repeupler la Calédonie, si ceux d’ici venaient à disparaître."

Il y a une nécessité absolue de faire un point sur l’état de la population, et au-delà de ça, de mettre en place des mesures ambitieuses pour atténuer les menaces qui pèsent sur cette espèce

Marc Oremus, responsable du WWF-France à Nouméa

Le classement de l'UICN comme "levier" pour mobiliser les politiques et les bailleurs

Selon une estimation de 2012, qu’il est urgent d’actualiser, 500 à 700 de ces mammifères marins friands d’herbiers vivraient dans les eaux calédoniennes. « Il y a une nécessité absolue de faire un point sur l’état de la population mais au-delà de ça, de mettre en place des mesures ambitieuses pour atténuer les menaces qui pèsent sur cette espèce. C’est ce que l’étude publiée montre. On est susceptible de perdre cette population à court terme. Et pour toujours. » Le WWF milite, auprès de la classe politique et des bailleurs de fonds, pour leur préservation avec le slogan : "Sauvegardons l’existant".

Le classement de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dit le dugong "vulnérable", mais il ne correspond plus à la réalité de la population calédonienne. Ces nouvelles connaissances pourraient permettre de reconsidérer ce statut. La vache marine deviendrait alors officiellement "en danger".