Le nickel en forme et bien orienté, porté par la faiblesse du dollar

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NICKEL
Sac contenant du nickel (NHC-MHP) produit par l'Usine du Sud (Prony Resources) en Nouvelle-Calédonie ©Nicolas Fasquel

Le prix à trois mois du nickel affichait la plus forte hausse parmi les métaux de base de la Bourse des métaux de Londres à la clôture des échanges vendredi 23 avril.

La plupart des métaux ont terminé la semaine sur une note positive en raison d'une faiblesse du dollar américain et d'achats importants de matières premières sur les marchés des métaux de Londres et de Shanghai.

Outre une baisse du cours du dollar qui a permis des achats à bon compte aux investisseurs et industriels utilisant d'autres devises, "la demande physique chinoise et indienne en métaux est restée élevée", a souligné Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

"Un dollar plus faible continue d'être favorable aux métaux, l'aluminium se positionnant en tête du peloton et entrainant les autres métaux", ont constaté les analystes d'ING Warren Patterson et Wenyu Yao.

Le dollar, qui avait commencé l'année en pleine forme, reste en baisse de près de 2,5% en avril face aux autres principales monnaies et diminue d’autant le coût des métaux industriels puisqu’il est leur monnaie de transaction.

Les métaux de base liés à l'acier, et notamment le nickel, ont été demandés, "peut-être en raison de la production mensuelle d'acier, pas si respectueuse de l’environnement, et presque record que la Chine a publiée pour mars", a indiqué le négociant Marex Spectron.

Le prix du nickel a encore bénéficié des problèmes d’inondation dans deux mines en Russie, chez Nornickel (Norilsk), premier producteur mondial. Le groupe russe a revu à la baisse ses prévisions de production prévoyant un retour à la normal fin avril pour l’une des mines et début juillet pour l’autre.

Vendredi soir, le prix du nickel avait augmenté de 2,39 % à 16 375 dollars la tonne par rapport au prix de 16 063 dollars enregistré jeudi à 17 heures, après avoir évolué de façon latérale pendant la majeure partie de la semaine, sauf vendredi en début de matinée avec un creux à 15 925 dollars.

"Je pense que le nickel a été acheté parce que tous les autres métaux sont achetés. Mais étant donné que l'ensemble du complexe des métaux a été favorisé par la baisse du dollar, notamment par rapport à l'euro, je ne m'attends pas à ce que la hausse du nickel dure", a déclaré un courtier du LME à l’agence Fastmarkets (Metal Bulletin).

Une opinion qui n’est pas forcément partagée par l’ensemble des analystes, d’autres experts estimant que la demande pour le secteur des batteries électriques va continuer à soutenir les cours du métal : "la voiture électrique a gagné la course, l’avenir lui appartient" a estimé récemment le PDG de Volkswagen.

Lors d’un webinaire organisé jeudi soir à Paris par Sciences et Avenir, débat consacré à la demande future en métaux pour les batteries électriques et à leur provenance, Emmanuel Hache, économiste à l’IFP Energies nouvelles (IFPEN) a déclaré : "il va falloir beaucoup, beaucoup de métaux. Que la production de nickel soit éthique en Nouvelle-Calédonie ne fait aucun doute, la question est de savoir si le nickel (pour les batteries électriques ndlr) va permettre un développement rapide de la Nouvelle-Calédonie, et si des problèmes de gouvernance ne vont pas annihiler cette richesse", sans plus de précision…

Cours du nickel au LME de Londres : 16 375 dollars/t +2,39 % - semaine +1,31 %