Le Suisse Trafigura compte relancer l’usine du Sud avec une forte implication calédonienne

Centre financier en Suisse à proximité de la Bourse de Zurich
Information Outre-mer la 1ère : le négociant Trafigura, basé à Lucerne, est bien entré en négociation exclusive avec Vale. L’offre du Suisse inclut une importante participation calédonienne.
 
La volonté des Suisses et des Calédoniens est de s’associer pour construire une autre vision, celle d'une "usine-pays" participative et ouverte sur le monde de la transition énergétique. Pour y parvenir, les intérêts calédoniens seront boostés et portés à environ 38 %, contre 5 % actuellement du capital de l'usine du Sud. Trafigura entend s’appuyer sur l’expertise des équipes calédoniennes. En plus d'un financement, le Suisse apporte la force de frappe de son réseau mondial de distribution des matières premières.
 

Vers une co-entreprise Trafigura (62%) et Nouvelle-Calédonie (38%)

Une offre de rachat de l’usine du Sud a bien été déposée, mercredi 21 octobre, par le négociant Suisse Trafigura auprès de la direction des métaux industriels de Vale qui se trouve à Toronto, a indiqué une source proche de la direction canadienne. Des établissements financiers, comme Bank of Canada, Crédit Suisse, et deux banques françaises participeraient à la finalisation financière de l’accord. Vale espère une "conclusion heureuse "et "en attendant" indique une source interne au groupe brésilien " espère aussi qu'aucune campagne de désinformation ne sera menée dans le seul objectif de faire échouer la négociation".


Des actionnaires salariés au côté de Trafigura, le combat du Soenc-Nickel 

L’offre de rachat de l'usine du Sud est portée par Trafigura, mais pas seulement. La présence, par l’actionnariat, des salariés calédoniens serait fortement valorisée dans l'offre transmise à Vale. Cette demande syndicale, légitime et habile, émanant notamment du Soenc-Nickel, a été acceptée par les négociateurs suisses. 

 

Que contiendrait l'offre novatrice de Trafigura pour l'usine du Sud ?


- 23 % du capital du complexe industriel serait détenu par les salariés calédoniens.

-5 % du capital serait, par ailleurs, réservé à une participation privée calédonienne, sous forme d’investissement par des acteurs locaux.

-La participation de la SPMSC, Société de participation minière du Sud-calédonien, serait portée de 5 % à 10 %.

-Trafigura apportera le financement de l’opération. Un pool d’investisseurs stratégiques, parmi lesquels pourraient figurer de futurs clients européens et américains de l’usine du Sud, viendraient rapidement se joindre à l'opération. 

 

Négociation avancée

D’autres sources, ont indiqué à Outre-mer La 1ère qu’un comité interministériel de Restructuration industrielle devrait se tenir à Paris dans les prochains jours. Il aurait pour but d’inscrire dans la Loi de finance les engagements financiers de l’Etat, ce point devant être bouclé avant le 2 novembre, date limite pour la finalisation de l’accord.

Avec Trafigura, qu'il connaît bien et qui évolue dans la même secteur industriel et de négoce mondial des métaux industriels, le géant brésilien pense avoir trouvé un repreneur à la hauteur. L'usine du Sud est donc potentiellement sauvée. Et la Suisse, pays neutre, en voie de devenir le premier investisseur privé en Nouvelle-Calédonie. Car avant Trafigura, il y a déjà eu Glencore, toujours associé à l'usine du Nord...

Cours du nickel au LME de Londres le 26/19/2020 à 17:30 GMT = 15 617 dollars/t + 0,06 %.