Le vol pour nulle part d'Aircalin

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Vol nulle part
©NC la 1ère

Certains ont crié au scandale environnemental, d'autres ont salué une initiative originale. Quoi qu'il en soit Aircalin organisait aujourd'hui un vol commercial de l'A 320 Néo. De Tontouta à Tontouta. Une boucle de 2 heures avec une centaine de passagers. Une première du genre pour la compagnie.

Le lagon calédonien, l'île des Pins, les îles Loyauté, le Vanuatu avec le volcan de Tanna, puis la Grande Terre avec la côte est et la côte ouest. Des paysages vus aujourd'hui par les passagers de l'A320 Néo, le nouvel avion de la compagnie Air Calédonie internationale. Un vol commercial parti ce dimanche matin de la Tontouta.

A320 néo
©Natacha Cognard-Lassauce

1800 km pour 112 personnes

Après deux heures de trajet, soit près de 1800 km, l'atterrissage se fait en douceur. Une belle expérience pour les 112 personnes qui étaient à bord de l'appareil. « Je pense qu'on est tous habitués à aller à l'extérieur et ce vol a bien montré qu'on a besoin de partir. » « C'est exceptionnel de pouvoir voir nos paysages et Tanna d'en haut comme ça. Et puis le personnel était tellement agréable avec nous, ça a été un moment de bonheur.» « Ça s'est très bien passé, sauf qu'il y a eu un peu de nuages par endroit. On n'a pas pu voir le volcan du Vanuatu. »

Aircalin passagers
©NC la 1ère

3,5 litres pour 100 km et par passager

Malgré les mines réjouies et l'engouement du public pour un tel événement, la question est présente dans les esprits. Quid de l'impact environnemental d'un tel voyage? « Si on ramenait la consommation par passager, on aurait consommé 3,5 litres au 100 km par passager. Ce qui est largement inférieur aux anciennes générations d'avion », répond Henry Bourgoin, commandant de bord de l'A320 Néo.

Pilote Aircalin
©NC la 1ère

Huit vols par semaine au lieu de trente

A travers ce voyage commercial, c'est l'occasion de diversifier l'activité du personnel. Depuis le début de la crise sanitaire liée à la Covid-19, on ne note plus que 8 vols par semaine au lieu des 30 habituels au départ ou à l'arrivée de la Tontouta. Une centaine de personnes a quitté l'entreprise, certains sont en chômage partiel. Tous les salariés ont vu leur salaire baissé significativement. « C'est une situation qui est compliquée pour tout le monde, pour tout le pays, mais ça donne une bouffée d'oxygène. Ca fait du bien d'avoir un petit vol comme ça dans cette situation, qui est très compliquée », raconte Emmanuelle Eugénie, agent d'escale à Aircalin. Un deuxième vol de ce genre est prévu le 14 février prochain, mais inutile de se précipiter, les places sont déjà toutes réservées

Le reportage de Natacha Lassauce-Cognard et Cédric Michaut :

 

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