"Production normale" indique le leader mondial du nickel. En 2000, Norilsk envisageait une usine en Nouvelle-Calédonie

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NICKEL
Métallurgistes de Nornickel dans l'usine de Harjavata en Finlande ©Alain JEANNIN
En 2002, Norilsk Nickel avait renoncé à un projet métallurgique sur le Caillou. Le géant russe, qui s'appelle désormais Nornickel, a déclaré qu'il fonctionnait "normalement". D'autres grands producteurs de nickel, tels que Vale, BHP et Glencore, ont réduit leur production en raison de la pandémie.
L'an dernier, Nornickel a dépassé le géant minier brésilien Vale pour reprendre sa place de premier producteur mondial de nickel. Il  envisage tout de même une baisse de sa production de nickel, en raison de la demande en berne du marché chinois, principal consommateur de matières premières et de métaux industriels. Le négociant suisse Glencore, également parmi les cinq premiers producteurs mondiaux de nickel, a déclaré qu'il était en train d'évaluer s'il fallait redémarrer ses mines de Raglan et de Matagami dans la province de Québec au Canada.

Le nickel qui vient du froid
A la demande du gouvernement russe, et pour des raisons de pollution environnementale, le géant minier Nornickel a annoncé la fermeture prochaine de son usine métallurgique dans la petite ville de "Nikel" à la frontière norvégienne.Les activités seront redéployées dans la cité de Norilsk, la ville la plus peuplée située au-delà du cercle polaire, depuis sa construction par des déportés du Goulag, dans les années trente. La capitale polaire du nickel avait largement contribué à la livraison des blindages pour les chars T34 pendant la Grande Guerre patriotique (1941-1945.)

Production normale selon Nornickel
La porte-parole de Nornickel, Tatyana Egorova a déclaré à l’agence Fastmarkets (Metal Bulletin) : "Il n'y a aucune restriction sur nos sites miniers.Toutes les opérations de Nornickel sont menées comme d'habitude." Les activités minières et métallurgiques de Nornickel comprennent principalement sa base de ressources sur le cercle polaire arctique, la division polaire et sa raffinerie de nickel sur la péninsule de Kola, ainsi que celle d’Harjavalta en Finlande, une usine hydro-métallurgique qui avait été conçue, au départ, pour la Nouvelle-Calédonie.
 
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Nickel russe à Harjavalta en Finlande sur le site de Nornickel ©Alain Jeannin

Lutte contre le Covid-19
Nornickel a annoncé le 13 avril un fonds d'entreprise de 142,2 millions de dollars pour se préparer "à la propagation potentielle de la pandémie de COVID-19 dans les villes où opère Nornickel". La maladie s'est largement répandue en Russie, avec de nouvelles infections dépassant parfois le taux de l'épicentre, Moscou. Le président Vladimir Poutine a déclaré lundi 20 avril qu’un sommet n’avait pas encore été atteint.

La Chine va peser sur la demande
Nornickel dévoilera les résultats de production consolidés pour le premier trimestre de l'année le 30 Avril. Dans ses plus récents résultats le 26 février, la société a déclaré qu'elle s'attendait à ce que le Covid-19 nuise à son activité nickel, en raison de la baisse de la demande en provenance de Chine, la région la plus consommatrice l'an dernier, et a révisé à la baisse ses prévisions de production de nickel pour 2020 à 220 000 tonnes par rapport à une estimation précédente de 225 000 à 235 000 tonnes.

Un projet calédonien abandonné
Le 8 août 2002, le géant russe Nornickel (Norilsk Nickel) annonçait qu’il se retirait du projet de développement, avec le groupe Ballande en Nouvelle-Calédonie, d’un gisement latéritique de nickel et d’une usine hydro métallurgique. Ce projet qui prévoyait l’exploitation des gisements miniers de Nakety et de Bogota devait produire 50 000 tonnes de nickel pour un investissement de 800 millions de dollars. "Trop cher, trop compliqué, sans garantie pour les actionnaires" avançait à l’époque la direction de Norilsk Nickel à Moscou pour justifier son retrait. Le mineur russe s’en est allé après avoir déboursé 8 millions de dollars, d'aprés le journal Moscow Times, pour l'étude de faisabilité. "Je me souviens du projet calédonien sur la côte-est, et de l’enthousiasme qu’il avait suscité, " rappelle Joni Hautojärvi, le directeur de l'usine de Nornickel qui fut finalement construite...à Harjavalta en Finlande. "Le projet calédonien n'a pas abouti, mais depuis, j’ai toujours pensé que j’irai un jour en vacances en Nouvelle-Calédonie. J'aimerais, à cette occasion, découvrir l’industrie calédonienne car le nickel est un lien fort qui unit ses mineurs et ses métallurgistes dans le monde entier"

En attendant, le cours du nickel trébuche. Il subit, mercredi, l’effondrement historique du marché du pétrole. Les marchés asiatiques ont clôturé dans le rouge. "La Chine enregistre son pire ralentissement économique en quatre décennies" a déclaré Anna Sablum, analyste du négociant Marex Spectron à Singapour.

Cours du nickel au LME de Londres, le 22/04/2020 à 14.45 PM :
12.030 dollars/tonne – 1,17 %. Semaine +2,17 %

 
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Hydro-métallurgie du nickel usine Nornickel de Finlande ©Alain Jeannnin

 
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