Londres a le ciel lourd, le marché du nickel aussi

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Londres
La City de Londres où se trouve le London Metal Exchange (LME) ©BEN STANSALL / AFP
Au LME, le nickel n’a pas chuté sous le seuil des 20.000 dollars la tonne. Mais il s’en est fallu de peu, d’une poignée de dollars, mardi. La zone de turbulences aurait pu alors se rapprocher dangereusement des usines calédoniennes.

Le cours du nickel a enregistré un léger rebond mercredi, et vendredi dans l’après-midi, porté par les espoirs de mesures de relance en Chine, le premier consommateur mondial de métaux et de nickel. "Le marché londonien a vu une reprise se développer lentement", indique Al Munro, analyste chez Marex.

Optimisme mesuré

Il aura suffi d’une dépêche de l’agence Bloomberg pour que le métal de l’inox et des batteries retrouve un peu de son éclat. Mais pour combien de temps ?

Certes, selon l’agence financière nord-américaine, le ministère chinois de Finances envisage d’autoriser les exécutifs locaux à émettre pour 1500 milliards de yuans (224 milliards de dollars) d’obligations au second semestre, ce qui constituerait une accélération inédite dans le financement des infrastructures. Elles seront grosses consommatrices de métaux industriels.

Pessimisme pesant

Cependant, les récents malheurs du nickel sont entrelacés avec une situation mondiale toujours plus tendue. Les confinements liés au Covid-19 en Chine ont fait baisser les volumes d’échanges au premier semestre de l’année. Et le président russe Vladimir Poutine a mis en garde vendredi contre de possibles conséquences "catastrophiques" des sanctions occidentales pour le marché mondial de l'énergie.

Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank, interrogé par l'AFP cite "les craintes d'une crise du gaz en Europe, d'un ralentissement économique aux États-Unis, de nouveaux cas de coronavirus et de possibles confinements en Chine" comme les facteurs pesant sur les métaux industriels.

Plusieurs millions de personnes sont confinées en Chine en raison d'un rebond épidémique qui fait craindre le retour de restrictions, en particulier à Shanghai, un mois après la levée d'un long et éreintant confinement.

Les craintes de récession génèrent un exode des investisseurs du secteur des matières premières, ironiquement, souligne l’agence Reuters au moment même où les acteurs industriels de l’inox et surtout des batteries électriques ont un appétit pour le nickel.

Sur le marché des changes, l’euro se rapproche de la parité avec le dollar. La monnaie européenne se maintient désormais sur un plus bas de 20 ans, et fléchit également face au dollar australien. 

L'appréciation du billet vert, monnaie de référence du marché du nickel, rend le métal plus coûteux et donc moins attractif pour les investisseurs utilisant d'autres devises.

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Evolution des cours du nickel à Londres 08/07/2022 ©Bloomberg/Marex Spectron

LME-Nickel le 08/07/2022 16H50 GMT : 21.685 dollars/tonne + 0,70 %

LME-Nickel hebdomadaire - 0,65 % Mensuel - 22,6 %