Matières premières : à Londres le nickel cale, recule puis repart…

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Ferronickel de type SLN 25 produit en Grèce dans l'usine LARCO au nord d'Athènes. ©Alain Jeannin

Depuis 2006, le mois de mai n’a jamais été vraiment favorable au cours des matières premières. Après une hausse soutenue, le nickel a plafonné, puis s’est replié jeudi, avant de rebondir vendredi en fin de journée.

Pour les métaux, la semaine a été pluvieuse mais avec une éclaircie vendredi. L'analyste de Commerzbank Eugen Weinberg considère qu'il s'agit d'une "correction saine et attendue plutôt que d'un renversement de tendance" .

"La bonne situation économique et la forte reprise de la demande attendue dans les mois à venir devraient continuer à bien soutenir les prix des métaux", a-t-il ajouté.

Sur la semaine, le repli semble concerté alors qu'une correction s'est amorcée. Le fait qu’une chasse aux bonnes affaires ait émergé sur fonds de stocks disponibles peut aussi signifier que la baisse des prix des métaux sera de courte durée. L’appétit pour le risque a rebondi en fin de semaine chez les investisseurs à la Bourse des métaux de Londres.

Mais il y a des signes que l'économie chinoise ralentie, les prêts bancaires étant maîtrisés. Les primes sur le cuivre et le nickel sont en baisse, ce qui pourrait entraîner une correction plus profonde.

Après la décision de la Chine de resserrer le crédit et les prêts aux entreprises, les actions asiatiques ont reculé, avant de se reprendre toujours en fin de semaines.

"Il est nécessaire de plafonner la flambée des prix des matières premières"

Xi Jinping, Premier ministre chinois

 

Les deux marchés mondiaux de cotation du nickel, Londres et Shanghai, ont réagi à cette déclaration. "Le métal est passé dans le rouge, l’agressivité des vendeurs s’est manifestée", a commenté Dee Perara, analyste au LME pour Marex Spectron.

A la Bourse des métaux de Shanghai (SHFE), les contrats les plus actifs ont baissé de 2,6% pour le nickel

Pourtant, les autorités chinoises avaient fait une déclaration selon laquelle certaines provinces étaient invitées à accélérer le processus de fermeture des installations de production de nickel les plus polluantes. Cette annonce, bonne pour l'environnement et en théorie pour les prix, a permis un léger rebond du nickel vendredi en soirée.

L’arrêt des extractions de minerai au Myanmar (Birmanie), suite au coup d’Etat militaire, a joué mais de façon marginale.

La mine de nickel de Tagaung Taung, détenue majoritairement par China Nonferrous Metal Mining Group, a été officiellement "mise en entretien et en maintenance", ce qui signifie sans production minière.

Avec une capacité annuelle de fonte de nickel (NPI) de 85 000 tonnes, le complexe industriel de 820 millions de dollars est le plus important projet entre la Chine et le Myanmar, a précisé l’agence Fastmarkets (Metal Bulletin).

L’arrêt de la production birmane a été, il est vrai, compensé par la Russie. Le géant Nornickel (numéro 1 mondial) a annoncé un retour à la normal de sa mine géante sibérienne Oktyabrsky. Elle extrait  14 000 tonnes de minerai par jour.

Le nickel a baissé sur la semaine, mais a remonté vendredi.

Cours du nickel au LME de Londres : 17 647 dollars/tonne +1,80%. Semaine -2,28%

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Cours du nickel au LME de Londres ©LME