Le Medef alerte sur les difficultés à investir au temps du coronavirus

économie
Conférence d epresse du Medef, Covid et investissements, 3 août 2020
©Laura Schintu / NC la 1ere
Pour soutenir l'investissement en Nouvelle-Calédonie, le Medef-NC appelle les administrations et les organismes financiers à assouplir les procédures le temps de la crise sanitaire mondiale. Il demande au gouvernement une cellule permettant l'examen des dossiers au cas par cas.
 
L’effet de la crise Covid-19, non pas sur la trésorerie des entreprises calédoniennes ou sur leurs résultats d’exploitation, mais sur leurs investissements : c'est sur cette problématique que le Medef-NC souhaitait ce lundi matin attirer l'attention. «La situation engendrée par la crise du Covid-19», pose le mouvement patronal, «appelle un choc de conscience de la part des administrations, organismes financiers et de l'ensemble des acteurs qui délivrent les accords et autorisations nécessaires à la réalisation des investissements productifs des entreprises.»
 

L'idée, pour le Medef, était de continuer à sensibiliser les acteurs de l'activité économique sur le fait que les entreprises traversent encore un certain nombre de sujets sensibles et importants pour la survie et la poursuite de leurs activités. 
- Samuel Hnepeune, président du Medef-NC


Les explications de Samuel Hnepeune au micro de Martine Nollet et Laura Schintu : 

Investissements avec Covid, Samuel Hnepeune

 
Samuel Hnepeune, président du Medef-NC, 3 août 2020
Samuel Hnepeune, président du Medef-NC. ©Martine Nollet / NC la 1ere
 

Trouver les fonds ou les crédits

L'organisation a passé en revue différents écueils en la matière. D'abord les difficultés à trouver les fonds propres ou un crédit pour investir lorsqu'il y a eu perte brutale de chiffre d'affaires. Le Medef cite «au premier rang» les compagnies aériennes calédoniennes, «les hôtels qui dépendent d'une clientèle essentiellement internationale», «les prestataires et sous-traitants du secteur de tourisme», ou ceux de l'aéroport.
 

Défisc'

Autre obstacle du moment, la complexité à convaincre les investisseurs en défiscalisation. L'organisation désormais présidée par Samuel Hnepeune donne pour exemple le renouvellement en cours de la flotte Aircalin : le prochain Airbus A330neo doit être livré en fin d'année. «L'intervention des investisseurs en défiscalisation est cruciale pour la compagnie», souligne le Medef. «Mais comment trouver des investisseurs en défiscalisation prêts à investir en novembre 2020 dans le secteur aérien avec un risque de remise en cause de l'avantage fiscal?» Même problème évoqué dans l'hôtellerie et le tourisme.
 

Si l'investissement continue, il a un sens. Les investissements d'aujourd'hui sont les emplois de demain.
- Yves Dorner, défiscaliseur et coordonnateur de la Fédération des entreprises d'outre-mer (FEDOM) pour le Pacifique

 
Airbus A330 Néo assemblage Toulouse
©Airbus/ F.Lancelot
 

Délais rallongés

Troisième inquiétude liée à l'investissement, les difficultés à boucler les programmes d’investissement dans les délais, alors que la crise sanitaire a des effets sur les fournisseurs et les sous-traitants.
 

Société attend chalands

Cas d'école : un chantier asiatique auquel ont été commandés, et en partie payés, des chalands pour le transport de nickel ne peut plus les produire dans les délais. Faut-il annuler la commande, doit-on accepter un report, comment continuer à assurer le service ? Le Medef évoque l'allongement des délais de réassort. Signale la baisse des volumes transportés par les airs comme par la mer. Et redit le besoin de spécialistes hors territoire. 
 

La première mesure que l’on demande, c’est de créer au sein du gouvernement une cellule dédiée à l’analyse des dossiers, des situations particulières des entreprises, dans le but de fluidifier leurs investissements et leur reprise d’activité. On est complètement déconnectés. Le monde reste totalement en crise. 
- Guillaume Benoit, président de la commission «économie-fiscalité» du Medef-NC

 

Demande de mesures

Face à ces différents aspects, la réponse attendue est l'assouplissement (des critères, des délais, des mesures de quarantaine) et l'accompagnement, sur la durée.
 

Les effets de la crise vont perdurer. Les pouvoirs publics ont pris de très bonnes décisions de court-terme, de sauvegarde de l'emploi, de sauvegarde des trésoreries. Aujourd'hui, il faut sauver l'investissement. C'est la survie à moyen et long terme des emplois et des entreprises. 
- Mimsy La Selve, première vice-présidente du Medef-NC

Les Outre-mer en continu
Accéder au live