Nickel : le canadien Sherritt quitte Madagascar, se concentre sur Cuba mais regarde aussi ailleurs…

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Sur une mine de nickel près d'Ambatovy à Madagascar ©AFP
La compagnie minière canadienne Sherritt International Corp a annoncé qu’elle quittait la coentreprise Ambatovy nickel à Madagascar. Le grand complexe industriel malgache est comparable, par la taille, à l’usine du Sud en Nouvelle-Calédonie.
 
Un actionnaire s’en va, Sherritt va quitter Madagascar. Le mineur canadien qui entend préserver sa situation financière a décidé de transférer à ses deux partenaires, dont le japonais Sumitomo, sa participation de 12 % dans l’usine de nickel. Sherritt renonce à ses droits de vote et à son influence sur les opérations de l’usine, en vertu de la convention d’actionnaires.

Sherritt veut rassurer mais jette l'éponge
La mine et l’usine d'Ambatovy, ont produit 33.733 tonnes de nickel raffiné et 2900 tonnes de cobalt raffiné en 2019. "La production de nickel et de cobalt à Ambatovy ne sera pas affectée par la transaction ou les échéances en suspens", a déclaré le 10 mars le directeur des relations avec les investisseurs et des communications, Joe Racanelli, à Fastmarkets (Metal Bulletin). La baisse des prix du nickel a sans aucun doute exacerbé la situation, façonnant la conviction de Sherritt que la vente de sa part de 12 % dans Ambatovy serait le meilleur moyen de protéger ses liquidités. La transaction, en attente de l’approbation de toutes les parties prenantes, devrait être conclue d'ici le 30 avril, et réduira la dette de Sherritt d'environ 415 millions de dollars.

Se renforcer dans le nickel à Cuba
Sherritt a augmenté ses prévisions de production de nickel et de cobalt pour 2020 à Cuba via Moa, sa coentreprise (50/50) avec Cuba General Nickel Co. Moa devrait produire entre 32.000 et 34.000 tonnes de nickel raffiné et 3.300 à 3.600 tonnes de cobalt raffiné en 2020. Des produits destinés aux batteries électriques des véhicules construits sous licence au Mexique, la législation des Etats-Unis interdisant toute importation de nickel en provenance de Cuba.

Sherritt, un nom qui circule
La société canadienne fait partie des candidats souvent cités dans le petit monde du nickel à Londres, lorsqu’est abordée la question des repreneurs potentiels de l’usine du Sud (Vale) en Nouvelle-Calédonie. "Disons que le nombre d’entreprises disposant de la surface financière et du savoir-faire industriel est réduit et que Sherritt en fait partie, ensuite rien n’est certain et tout est compliqué par la situation actuelle avec le coronavirus" indique un expert du secteur à la 1ere.fr.

Le coronavirus disrupte le nickel
La production de nickel raffiné à partir de minerai latéritique nécessite un prix LME nettement plus élevé que le coût de production des investissements. Plusieurs mineurs citant un prix de 20.000 dollars / tonne comme niveau de rentabilité pour la production latéritique. Or, le prix du nickel au LME chutait, ce jeudi, à 11.862 dollars /tonne, en baisse de – 4,70 %.