Nickel et cobalt : avec l'usine du Sud, Trafigura veut aller dans le sens de l'Histoire

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NICKEL
Au siège de Trafigura à Lucerne (Luzern) en Suisse. ©AFP
La diversification et le verdissement des activités est une tendance de fond au sein des maisons de négoce, qu’elles s’appellent Trafigura, Glencore ou Mercuria. Le grand complexe industriel calédonien est un symbole de la transition énergétique.
Les revenus de Trafigura ont été de 171 milliards de dollars en 2019, les actifs détenus par le groupe Suisse pèsent 54 milliards de dollars, le secteur des métaux représente 35 % de l’activité du négociant. C’est donc un poids lourd, et même un géant du secteur. 56 % de son activité dans les métaux se situe en Australie et en Asie. Mercredi 21 octobre, Trafigura a transmis son offre de rachat de l’usine du Sud à la direction de Vale, a appris Outre-mer 1ère.
  

Trafigura veut monter en puissance

Avec l’usine du Sud, le grand négociant suisse du secteur des matières premières à l’occasion de monter en puissance dans le secteur du nickel et du cobalt, deux des principaux métaux de la transition énergétique et des véhicules électriques. Trafigura entend investir dans le développement du complexe industriel tout en s’appuyant sur les compétences et la participation des équipes calédoniennes. Cette stratégie est validée par le principal négociateur du rachat de Vale-NC, Amin Zahir, le directeur général de la branche des métaux raffinés.
 

"Trafigura continue d'étendre son activité de négoce de nickel, sur toute la gamme des produits du nickel, (...) Nous avons vu une augmentation exponentielle des volumes et nous voyons le nickel comme un métal stratégique compte tenu de son importance en tant que composant des batteries de véhicules électriques (EV). Nous prévoyons que 2020 sera une année charnière pour le nickel"

Amin Zahir, directeur général du secteur des métaux raffinés de Trafigura


Maillon essentiel

Pour Trafigura, la grande usine calédonienne constitue un maillon logistique essentiel, celui du producteur de l'ingrédient de nickel-cobalt pour les batteries électriques. Le réseau mondial de Trafigura assurera ensuite la livraison et la commercialisation aux consommateurs que sont les fabricants de batteries. Grâce à sa diversification, la taille de Trafigura apporte une forme de protection supplémentaire, comme Glencore avec l’usine du Nord.

Le président exécutif et PDG de Trafigura, Jeremy Weir, a précisé sa philosophie : "La transition énergétique est le moteur du besoin, mais elle offre également la possibilité de réaliser des investissements stratégiques à long terme (…) qui deviendront un pilier important de notre activité commerciale au cours des prochaines années et au-delà, et s'appuieront sur nos capacités et notre compréhension des autres marchés de l'énergie."
 

Un partenaire australien

Trafigura, prévoit également d'investir quelque 2 milliards de dollars dans des projets solaires et éoliens, mais aussi dans le stockage d'électricité. Enfin, il s’est associé récemment avec le fonds financier australien IFM Investors de Melbourne, qui a déjà investi 44 milliards de dollars dans des infrastructures et entend "participer à des acquisitions d’unité industrielles compatibles avec les besoins de la transition énergétique". Difficile de ne pas penser à l’usine du Sud…

 
 
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