Le nickel en légère baisse, les tensions commerciales montent

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Nickel combinat métallurgique Norilsk-Boliden
Combinat métallurgique des usines Boliden et Norilsk Nickel à Harjavalta ©Alain Jeannin
Les prix des métaux de base échangés sur le London Metal Exchange (LME) ont souffert vendredi de l'annonce de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises, avec une baisse du cuivre particulièrement marquée. Le nickel a bien résisté avec des volumes décents échangés.
Le président américain, Donald Trump, a annoncé vendredi l'imposition de droits de douane de 25 % sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises "contenant des technologies très importantes sur le plan industriel". "Le président Donald Trump risque de déclencher une guerre commerciale avec la Chine après s'être brouillé avec ses deux voisins, le Canada et le Mexique, ainsi qu'avec l'Union européenne", ont estimé les analystes de Commerzbank. Le cuivre, dont le prix dépend énormément de la croissance mondiale, et surtout de la demande chinoise, a souffert de cette annonce. De son côté, le nickel s’est inscrit en légère baisse, en l'absence d'éléments forts sur ses fondamentaux.

Chine

"Les dernières données chinoises ne sont par ailleurs pas fameuses", a souligné Alastair Munro, courtier chez Marex Spectron. Ralentissement de la production industrielle, net essoufflement des investissements et de la consommation : l'économie chinoise s'est fragilisée en mai, sur fond de durcissement du crédit. Dans le même temps, la production industrielle progressait de 6,8 % sur un an, moins bien qu'en avril (+7 %) et en deçà de la prévision des analystes sondés par l'agence Bloomberg.

Dollar 

Les métaux souffraient également du renchérissement du dollar, monnaie de référence du LME, ce qui rend leur achat plus coûteux pour les investisseurs utilisant d'autres devises. En Asie, le nickel a été le seul métal à enregistrer des « échanges importants » rapporte le Metal Bulletin de Londres tout en enregistrant une baisse des volumes négociés, en fin de semaine, à la Bourse des métaux de Shanghai (SHFE).

Croissance

Les analystes de Société Générale restent cependant optimistes sur les perspectives des métaux d'ici à la fin de l'année, grâce à une croissance mondiale qui reste robuste. "Les trois prochains mois sont une saison de demande amoindrie, les prix pourraient temporairement le refléter", ont-ils néanmoins prévenu.

Nickel

Au chapitre des bonnes nouvelles, le sidérurgiste japonais Sumitomo rapporte que la demande de nickel pour les batteries des véhicules électriques sera en hausse de plus de 30 % cette année. "Sumitomo prévoit un déficit de nickel de l’ordre de 88.000 tonnes sur le marché et une augmentation de la production d’acier inoxydable" indiquent encore les analystes du négociant Marex Spectron. La Nouvelle-Calédonie avec ses deux usines de ferronickel est la première productrice mondiale de l’alliage gris qui entre dans la composition de l’acier inoxydable.

Stocks et Vale

Les stocks de nickel détenus dans les entrepôts mondiaux de la Bourse de Londres (LME) continuent leur baisse. Ils sont désormais de 276.000 tonnes avec une diminution de 14.290 tonnes depuis le début du mois de juin. Au Canada, le Brésilien Vale a confirmé avoir investi dans le complexe de Voisey’s Bay Nickel, en vue de rallonger la durée de vie de cette vaste mine d’au moins 15 ans.

Enfin, selon le site d'informations canadien mining.com, "Vale a décidé de suspendre la vente d'une participation dans une autre de ses usines de nickel, en Nouvelle-Calédonie".

Sur le LME, la tonne de nickel valait 15.200 dollars (6,89 $ par livre) vendredi soir, en baisse de 1,68 % sur la semaine. Le cuivre et l’aluminium perdent plus de 3 %.