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Le nickel recule et subit les tensions commerciales

Les prix du nickel sur le London Metal Exchange sont volatils, mais la tendance à la baisse domine. Les tensions commerciales assombrissent le moral des investisseurs et des industriels. La baisse continue des stocks mondiaux de nickel soutient l'espoir d'une reprise. 
 

Minerai de nickel dans l'usine SLN de Nouméa © Alain Jeannin
© Alain Jeannin Minerai de nickel dans l'usine SLN de Nouméa
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Le prix du nickel à trois mois a fluctué de 1.340 $, soit entre un plus bas mensuel de 14.505 $ la tonne et un sommet de 15.845 $ la tonne enregistré en juin dernier. Sur les 30 derniers jours, les prix sont en baisse de près de 5%. Ce lundi à Londres, le métal subissait la plus forte baisse des métaux industriels.
A 17:00 GMT le métal chutait de 2,39 % à 14.592 dollars la tonne.
 

Tensions

Les tensions commerciales et la force du dollar pèsent sur les prix, tandis que les acteurs du marché s'attendent à une correction technique, attendue depuis longtemps, qui pourrait stimuler les prises de bénéfices. « Le nickel continue à battre en retraite » constatait lundi matin le négociant Marex Spectron qui précisait « mais il reste le seul métal à enregistrer une tendance positive bien qu’en forte baisse ».
 

Les minières subissent

Les titres des grands producteurs sont logiquement sous pression et touchés par les tensions commerciales entre les Etats-Unis, la Chine et l'Union européenne. La baisse des marchés chinois et le ralentissement de l’activité manufacturière dans le pays impactent les producteurs de nickel. Les nouvelles taxes américaines sur l’acier continuent d'alimenter les craintes pour le commerce mondial et la demande en métaux.
 

Demain est encore loin 

Bien que le boom ne soit pas encore arrivé, le potentiel des batteries des véhicules électriques a aidé à créer une base de soutien sous-jacente pour le nickel. Les ventes de nouveaux véhicules en Chine ont bondi de 125,6 % en mai, selon l'Association chinoise des constructeurs automobiles. "D'ici le milieu des années 2020 et au-delà, on s'attend à ce qu’une énorme demande de nickel se profile à l'horizon. Cela pourrait suffire à faire grimper le prix, mais nous pensons qu'il y a beaucoup de battage médiatique pour le moment qui n'est pas encore justifié », rapporte le Metal Bulletin de Londres.
 

Hypothèses

Le scénario de référence pour le prix au comptant moyen (LME) trimestriel du nickel s’établit à 14.400 dollars la tonne pour le troisième trimestre et à 14.850 $ la tonne pour le quatrième trimestre.

Un autre scénario « optimiste » prévoit une moyenne de 18.000 $ par tonne au quatrième trimestre, bien que les analystes du Metal Bulletin craignent une réduction de la demande du secteur de l'acier inoxydable au deuxième semestre. L’inox représente encore plus de 70 % de la consommation mondiale de nickel. Bref, tout est possible, rien n’est certain…

À l'appui, cependant, de la hausse des prix, les stocks mondiaux de nickel dans les entrepôts du LME. Ils sont à leur plus bas niveau depuis mars 2014, avec 272.754 tonnes, tandis que les perturbations de l'approvisionnement continuent d'être un facteur favorable. Ainsi, la politique environnementale restrictive du gouvernement philippin a entraîné la fermeture et la suspension de 27 mines, ce qui a supprimé une importante source d'approvisionnement du marché chinois du nickel. La décision, contestée, fait toujours l'objet d'un long processus d'examen.

 

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