Nickel : une recapitalisation de la SLN est envisageable si le plan de sauvetage aboutit [PDG Eramet]

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Usine SLN-Eramet de Doniambo en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin

Répondant aux questions d’investisseurs internationaux, après la publication de résultats annuels très encourageants, Christel Bories, la Présidente-directrice générale d’Eramet s’est montrée optimiste concernant l’avenir de sa filiale calédonienne.

Eramet se focalise sur le plan de sauvetage de la SLN. Le groupe français de la transition énergétique pense pouvoir "définitivement consolider" le berceau mondial de l’industrie du nickel, dans les prochains mois. Pour 2021, Eramet espère plus de 3,5 millions de tonnes d’export de minerai. Mais cela dépendra des conditions d’exploitation en Nouvelle-Calédonie. Loin de l'image "vieillotte" qui lui colle à la peau, La SLN est innovante et performante, surtout si on la laisse produire dans des conditions normales, comme ses concurrents mondiaux. 

Et la SLN ? Questions des investisseurs, réponses de la PDG d'Eramet

Christel Bories, a répondu aux questions d’investisseurs internationaux, au lendemain de la publication des résultats annuels 2020 du groupe métallurgique et minier, le 16 février. Depuis, le titre Eramet s’est envolé à la Bourse de Paris. Les questions posées reflètent un regain d’intérêt et de confiance pour la SLN. Le premier producteur mondial de ferronickel pour l'acier a enregistré des résultats encourageants en 2020.

Investisseurs - Est-ce qu’il existe encore un risque d’arrêt des fours de la SLN ?

Christel Bories, PDG d’Eramet - Il existe toujours un risque d’arrêt des fours de la SLN, c’est pourquoi nous devons être extrêmement vigilants. Nous avons, en plein cœur des blocages en décembre et début janvier, réduit significativement la puissance des fours, pour consommer moins de minerai et ainsi garder nos fours en vie (…) il est absolument nécessaire d’avoir un fonctionnement normal de nos mines pour pouvoir alimenter l’usine de Doniambo.


La Nouvelle-Calédonie a un nouveau gouvernement, avez-vous bon espoir d’obtenir l’autorisation d’export de minerai supplémentaire de deux millions de tonnes, pour atteindre les six millions de tonnes ?

Oui, nous avons toujours espoir d’obtenir nos deux millions de tonnes, il est vrai que les changements nombreux en Nouvelle-Calédonie ne favorisent pas la prise de décision rapide (…) nous ne faisons pas de politique et j’ose penser que compte-tenu des investissements que nous faisons notamment dans le Nord de la Nouvelle-Calédonie où se situe la plupart de nos mines, investissements et création d’emplois notamment, nous espérons que cela va permettre au bon sens de l’emporter. La montée en puissance de la SLN et son plan de sauvetage sont très bénéfiques, à la fois pour l’emploi et pour la richesse du Territoire.

La SLN est en procédure de conciliation, quelle serait une conclusion positive de cette procédure ? Une recapitalisation, est-elle inéluctable ?

La conciliation sert à encadrer la discussion avec les parties prenantes afin de sécuriser les différentes conditions du plan de sauvetage. Nous souhaitons un engagement assez formel de l’ensemble des parties (en Nouvelle-Calédonie NDLR) concernant les autorisations, les permis d’exploiter et la nouvelle centrale (électrique) notamment. La recapitalisation de la SLN vient potentiellement dans un deuxième temps, une fois que la SLN a une vraie pérennité (…) mais aujourd’hui, l’enjeu, c'est le plan de sauvetage et la liquidité qui s’améliore, quand on peut opérer... Si l’entreprise a de la liquidité, a des conditions de fonctionnement normales, alors dans les conditions actuelles du marché (du nickel), la SLN va générer du profit. On sera dans une position bien meilleure et on pourra se reposer cette question (la recapitalisation de la SLN) dans le futur.

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