Nickel : Vale annonce l’arrêt de l’usine du Sud en Nouvelle-Calédonie. "Nous cherchons toujours une solution" répond Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer

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Le directeur financier de Vale annonce l'arrêt de l'usine du Sud sur Bloomberg TV ©BloombergTV
Le nickel et le cobalt pour les batteries électriques sont promis à un bel avenir. L'usine du Sud en Nouvelle-Calédonie s'est adaptée à ce marché avec succès. Pourtant, un responsable du groupe brésilien Vale a annoncé, sur la chaine financière Bloomberg TV, l'arrêt de la production en 2021.
Vale a déclaré être en pourparlers avec Tesla pour envisager des partenariats afin de produire du nickel au Canada pour répondre à la demande future de batteries utilisées dans l'industrie automobile. Pourtant, son directeur financier, Luciano Siani Pires a déclaré à Bloomberg TV que Vale allait arrêter, en début d’année prochaine, la production de nickel et de cobalt de l’usine du Sud en Nouvelle-Calédonie. Une décision d'autant plus étonnante que l'usine calédonienne produit aujourd'hui le nickel et le cobalt des batteries électriques. Et que le Canada n'en produira suffisamment que dans quelques années...
 

Pourquoi arrêter l'usine du Sud ?

Cette décision étonne les analystes du nickel au LME et notamment le premier négociant londonien, Marex Spectron : "Alors que l’accord avec Tesla au Canada va prendre du temps à se concrétiser et que la demande en nickel va dépasser l’offre, on se demande pourquoi Vale a décidé de stopper la production et de mettre en entretien et en maintenance son usine calédonienne, qui produit le bon type de nickel utilisé dans les batteries" a déclaré Anna Stablum, experte du marché asiatique du nickel et du cobalt.
 

Nous n'avons pas trouvé de repreneur

Interrogé par Bloomberg TV depuis le siège de Vale au Brésil, le directeur financier de la multinationale a tout d’abord évoqué les perspectives très positives pour le nickel du marché des batteries électriques. "Dans ces conditions, en Nouvelle-Calédonie, c’est un peu étrange de vendre ou de fermer une usine qui produit pour le marché des batteries ? a demandé la présentatrice de Bloomberg. "Hélas, nous n’avons pas été capables de trouver un repreneur, un industriel qui aurait pu être capable de développer le site, la Nouvelle-Calédonie, c’est vrai à un potentiel important, mais quoi qu’il en soit, l’usine n’a pas obtenu les résultats attendus, nous n’avons pas trouvé de repreneur, nous allons donc la mettre en sommeil, en maintenance l’année prochaine" a conclu Luciano Siani Pires. 


La direction brésilienne de Vale a donc repris la main dans le dossier calédonien. Les efforts déployés par la direction de l’usine du Sud et les salariés calédoniens n’ont pas été pris en compte. Une source, proche du dossier, a déclaré à Outre-mer La1ere que "la décision de Vale est aussi une réponse cinglante à l'échec de la négociation, pourtant à deux doigts d'aboutir, avec l'australien New Century. Vale considère que l'opération de rachat a été destabilisée, pour la faire échouer". Vale devrait désormais informer les autorités calédoniennes de sa décision, dont l'application prendra du temps. Tout n'est donc pas perdu pour l'usine du Sud, de nouveaux rebondissements sont encore possibles.

Réaction de Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer.

De son avion qui le conduit en Nouvelle-Calédonie, le ministre des Outre-mer a réagi aux propos tenus sur Bloomberg TV par Luciano Siani Pires, directeur financier de Vale. Sébastien Lecornu rappelle que  "Le ministère des Outre-mer, Bercy et Matignon continuent de suivre ce dossier avec attention. Les déclaration de Vale ne constituent pas une position nouvelle et sont identiques au communiqué de presse publié par Vale le 8 septembre. La priorité reste la même: la recherche d'un repreneur pour l'usine du Sud", conclu le ministre en réponse à Outre-mer La 1ere.
 


Cours mondial du nickel au LME de Londres le 08/10/2020 à 16:30 GMT : 14 732 dollars/t + 1,24 %