Papouasie-Nouvelle-Guinée : hausse d'impôts et réduction des dépenses

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Le ministre des Finances, Patrick Pruaitch, annonce le budget 2017.
Le ministre des Finances, Patrick Pruaitch, annonce le budget 2017. ©ABC
Le gouvernement papou a annoncé son budget 2017. L'économie du pays ralentit et ça s'en ressent : des coupes budgétaires et des hausses d'impôts sont au menu.
Les recettes devraient baisser de 2% en 2017, d'après les prévisions du gouvernement, qui annonce des coupes budgétaires. Le soutien aux investissements va perdre 21% de son budget.
 
Les autorités parient sur de nouvelles taxes pour récupérer 620 millions de kina (environ 255 millions de dollars australiens) de plus. L'alcool, le tabac et les paris seront ainsi plus taxés. Et la taxe de sortie du pays va pratiquement quadrupler. La Papouasie-Nouvelle-Guinée espère aussi capitaliser sur la flambée des exportations de bois. 
 
Les compagnies pétrolières sont, en revanche, chouchoutées : leurs taux d'imposition passeront d'environ 45% à 30%.
 
Le ministre des Finances, Patrick Pruaitch, a justifié l'accueil du sommet de l'APEC (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique) en 2018, qui représente un investissement colossal et fait polémique dans le pays : « Ces dépenses sont nécessaires. Ce qui m'intéresse, ce sont les opportunités que cela offre. Il y aura plus de 10 000 investisseurs qui viendront en Papouasie-Nouvelle-Guinée. »
 
Certains commentateurs saluent le travail du gouvernement, qui a tenu compte du ralentissement économique persistant. Parmi eux, Jonathan Pryke, spécialiste de la Mélanésie au sein de l'Institut Lowy : « Le gouvernement papou a clairement changé de ton et d'approche. C'est encourageant de voir qu'il prend la situation au sérieux et qu'il cherche à s'adapter à cette nouvelle donne. »
 
L'ancien conseiller du Trésor, Paul Flanagan, estime cependant que le gouvernement est trop optimiste : « Il y a de sérieuses failles dans les chiffres et les projections, ce qui rend le budget frauduleux au plan financier, il n'est pas crédible. »
 
L'opposition papoue a une semaine pour donner son avis.
 
 
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