Papouasie Nouvelle-Guinée: la police tue 4 étudiants contestataires

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Un homme possiblement blessé par la police durant l'échauffourée. ©Twitter: @Mangiwantok
À Port-Moresby ce matin (8 juin), une manifestation étudiante a dégénéré. Les protestataires marchaient sur le Parlement. La police a ouvert le feu sur la foule. Le bilan provisoire communiqué par le Parlement fait état de 4 étudiants tués, et 7 blessés. 
Tôt ce matin, environ 1000 étudiants de l'université de la Papouasie Nouvelle-Guinée, UPNG, ont tenté de monter dans des bus pour se rendre au Parlement et manifester sur le parvis. 
 
Mais la police les a empêchés de sortir du campus. Les manifestants ont résisté quand la police a voulu arrêter l'un de leurs meneurs, le président du conseil des étudiants. D'après les étudiants, c'est à ce moment-là que la police a alors ouvert le feu sur la foule, et des gardiens de l'ordre ont aussi commencé à tabasser des manifestants. 
 
Pour l'instant la police de Port-Moresby n'a pas fait de commentaires sur l'échauffourée. Mais l'hôpital général de Port-Moresby a confirmé avoir reçu 10 étudiants blessés. 
 
« La police essaie de tirer non seulement sur des étudiants, mais aussi sur des civils,affirme Christopher Kipalan, le président du Forum UPNG, un des groupes étudiants. Il y a tellement de victimes. Je ne peux pas confirmer combien parce que je suis en train de fuir. Je vois des émeutes. » 
 
Depuis 5 semaines, les étudiants papous exigent la démission du Premier ministre. Peter O'Neill est accusé de détournement de fonds publics, et dans le cadre de cette enquête, il est sous le coup d'un mandat d'arrêt qui n'a jamais été exécuté. 
 
Albert Schram, le vice-doyen de l'université de technologie de Lae, la deuxième ville de Papouasie Nouvelle-Guinée, affirme qu'environ 2000 étudiants et employés ne peuvent pas sortir du campus. La police bloque les entrées. Selon le vice-doyen, les gardiens de l'ordre ont tiré des coups de feu en l'air quand les étudiants ont tenté de forcer les portes.