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Des patients sous hydroxychloroquine au Médipôle

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Médipôle Coronavirus
©Gaël Detcheverry
Cinq patients sur les seize actuellement soignés au Médipôle suivent un traitement à base d’hydroxychloroquine, médicament habituellement prescrit pour lutter contre le paludisme ou les rhumatismes. Quel est le protocole suivi et comment le médicament agit-il ?
L’hydroxychloroquine est-elle efficace pour lutter contre le Covid-19 ? Il est trop tôt pour le dire, mais cinq patients sur seize, dont la personne en réanimation, sont actuellement sous traitement au Médipôle
 

Pas un traitement miracle

« C’est un traitement qui n’a pas encore prouvé son efficacité dans le monde en tout cas. En Chine, ils ont quatre mois d’avance sur nous ; ils ont traité beaucoup de patients et n’ont pas trouvé de traitement miracle, sinon tout le monde l’aurait su. Donc, peut être qu’il y a une efficacité, mais l’efficacité, même si elle est là, sera partielle » indique le docteur Kerbaj, infectiologue au Médipôle 
 

Des effets secondaires qui peuvent être graves

Le traitement se présente sous forme de cachets, à prendre trois fois par jour, pendant dix jours. Il doit impérativement être pris sous contrôle médical. 
« Il ne faut pas que les gens en prennent à la maison, car ça peut donner des effets secondaires graves. C’est des posologies qui sont importantes. Il y a eu des décès en France liés à  l’automédication par la chloroquine ou l’hydroxychloroquine » prévient le Dr Kerbaj. 
Chloroquine
©NCla1ère
 Les Autorités sanitaires de Métropole alertent également sur l’automédication et l’auto prescription. Elles mettent en garde sur les possibles effets indésirables de la molécule.
Le médicament Plaquénil « potentialise le risque » de trouble du rythme cardiaque « qui peut conduire à un accident cardiaque », précise également l’agence de santé. 
Plaquenil
©NCla1ère

Dans l’attente des résultats de l’étude

A noter que les cinq patients ont bien sûr donné leur consentement pour suivre ce traitement ; pour autant, ils ne rentrent pas dans le cadre d’une quelconque étude clinique pour tester l’efficacité de ces médicaments. 
« C’est vraiment un traitement pour améliorer l’état dans les connaissances scientifiques du jour. Les connaissances scientifiques évoluent de jour en jour et donc on verra avec l’étude Discovery, dans quatorze jours, s’il faut maintenir ces traitements ou s’il faut changer et mettre un autre traitement". 

Cette étude menée actuellement dans plusieurs pays européens, sur plusieurs milliers de patients, permet de tester quatre traitements dont celui à l’hydroxychloroquine, le but étant selon l’Organisation Mondiale de la Santé de «  sélectionner les meilleures molécules pour les mettre à la disposition des patients, le plus rapidement possible ». 
Le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry 
©nouvellecaledonie