Perte sèche pour le nickel en 2016

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nickel Nakéty minéralier, photo Marguerite Poigoune
Au troisième trimestre 2018, les prévisions d’investissements des entrepreneurs étaient pessimistes, surtout dans la mine et la métallurgie ©Archives NC la 1ere
Le chiffre d’affaires global de la filière s’établit à 113 milliards 607 millions de francs CFP. C’est 8 milliards de moins qu’en 2015, un recul de 6,5  % d’une année à l’autre, avec des disparités très marquées entre les métaux et les minerais exportés.

Ce sont les métaux qui perdent le plus d’argent 

Le chiffre d’affaires du nickel s’effondre en 2016: moins 4,2 milliards  pour la métallurgie. La Calédonie a produit 64.700 tonnes de métal dans les ferronickels et les mattes produit à Doniambo et à Vavouto. Vale NC a fait le reste : 36.400 tonnes de métal dans les oxydes et hydroxydes de nickel. 
Au total : 101 000 tonnes de métal pour 93 milliards de chiffre d’affaires. 
Les ferronickels se vendent en moyenne 4% plus cher que les oxydes de nickel. 
 

Les mines calédoniennes perdent 3,6 milliards de chiffre d’affaires

Une perte malgré un tonnage en hausse de 5% et un nouveau record d’exportation à 5 millions 820 mille tonnes.
L’augmentation des volumes profite à la Corée, et donc à la SMSP qui expédie 500 000 tonnes de plus à Gwangyang.
Les ventes sur le Japon sont quasiment identiques, et les livraisons de latérites vers la Chine ne compensent pas l’ancien courant d’export vers l’Australie.
Globalement, la SMSP vend mieux que ses concurrents : 3700 francs CFP la tonne sur la Corée en moyenne contre 3400 francs CFP la tonne pour le Japon et 3000 francs CFP pour la Chine. 
Mais cette moyenne se renverse au mois de décembre 4300 francs CFP pour la Corée et 4250 francs CFP vers la Chine. 
Il devient plus intéressant de vendre des latérites d’une teneur d’1,7% en nickel que des garniérites qui contiennent 1,9% de nickel.

 

Autre paradoxe du marché du nickel 

La volatilité des prix est déconnectée des stocks de métaux qui ont enflé de 360 à 380 000 tonnes en l’espace de deux mois. 
Les prix sont soumis à des vagues de spéculations qui proviennent d’Indonésie et des Philippines, mais aussi de Chine et Etats-Unis. 
La marge de manœuvre de la Nouvelle Calédonie est très étroite sur ce marché : 183 000 tonnes de métal produites contre 2 millions de tonnes consommées. C’est moins de 10% du total pour un marché du nickel qui pèse 20 milliards de dollars aujourd’hui. 
 
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