Portrait. Découvrez le destin peu commun de Nalina Tirou, le goût d’entreprendre

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Nalina Tirou interviewée pour "Destins Peu Communs". Septembre 2022
Nalina Tirou interviewée pour "Destins Peu Communs". Septembre 2022 ©Sylvain Derne pour NC La 1ère
Après une première carrière consacrée à la mise en œuvre de politiques publiques dans le médico-social, Nalina Tirou a opté pour une reconversion dans la restauration… Un retour aux sources culturelles et en particulier familiales, pour la Pondichérienne d’origine. Découvrez son portrait dans Destins peu communs.

Hautes-Alpes, Algérie, Allemagne : c’est sans doute ce qu’on peut appeler une "enfance vadrouilleuse" ! Le père de Nalina, militaire, permet à sa famille de voir du monde au gré des affectations. Il termine sa carrière à Nouméa – où son épouse ouvrira en 1983 le premier restaurant de spécialités indiennes…

Les origines familiales sont en effet du côté de l’ancien comptoir français Pondichéry, au Sud-Est de l’Inde. "J’ai le souvenir notamment du cours Chabrol, c’est-à-dire le front de mer absolument magnifique, des rizières, de mon grand-père m’apprenant à tresser les palmes. Mais aussi des odeurs : du marché aux fleurs ou de celui des poissons… Pondichéry est vraiment le lieu où je me sens complètement chez moi parce que ce sont des souvenirs d’enfance : aller au lycée français en vélo, y monter le premier journal en français, les goûters ou soirées à l’Alliance française…" Dans une société indienne cosmopolite, très majoritairement anglophone, cette pluralité d’héritages assumée avec sérénité pour celle qui est également locutrice du tamoul, contribue à "renforce[r] son appartenance à la francophonie".

Un changement de vie professionnel total

En 2015, Nalina a changé de voie professionnelle, s’éloignant du sanitaire et social et des institutions où elle travaillait depuis ses débuts (à Melun puis en Nouvelle-Calédonie, où elle est revenue en 1992 au moment de fonder une famille). Elle gère à présent deux restaurants indiens à Nouméa, passant régulièrement elle-même derrière les fourneaux. Un retour "aux sources" convoquant les recettes transmises par ses tantes, sa mère ou sa grand-mère, et ses propres inspirations créatives. "Le fait d’avoir souvent conçu des projets m’a permis de faire cette bascule que les chefs d’entreprises considèrent quasiment impossible : passer de la fonction publique au monde de l’entreprenariat ! Or je dirais que les moteurs, la technicité, la méthode, l’organisation, restent les mêmes."

 

Nalina Tirou pour "Destins Peu Communs". Septembre 2022
Nalina Tirou pour "Destins Peu Communs". Septembre 2022 ©Sylvain Derne pour NC La 1ère

Nalina se sera auparavant consacrée plus de deux décennies à une succession de missions exigeantes, auprès des institutions – gouvernement, ville de Nouméa, province Sud. Les défis variés auxquelles elle s’attelait touchaient au handicap, à la réinsertion sociale, à la politique de la ville et aux squats, à l’autisme… Ils se sont prolongés dans un engagement bénévole au sein d’associations telles SOS Logement ou le collectif d’Urgence humanitaire. Ces retours fréquents du terrain initieront la prise de conscience d’avoir atteint certaines limites du travail au sein de l’institution.

 Une prise de conscience citoyenne 

Cette implication constante dans le lien social l’amène aujourd’hui à s’impliquer dans la réflexion collective qui agite la société calédonienne, confrontée à des enjeux historiques. "Je crois vraiment à l’intelligence collective, mais je ne suis pas sûre qu’elle ne vienne que du politique, postule Nalina. Si on veut sortir de l’ornière dans laquelle on est aujourd’hui avec ces clivages qui se sont accentués suite à nos trois référendums, je pense qu’il faut redonner la parole au citoyen calédonien. Et peut-être même aller un peu plus loin : prendre des exemples à l’extérieur, regarder les expériences qui ont été menées ailleurs sur la capacité à vivre ensemble…" 

Découvrez cet épisode ainsi que tous les autres de Destins peu Communs, l'émission qui part à la rencontre de nos identités (diffusion en radio les lundis à 14h et dimanche à 16h).