Pour l'Union calédonienne, la pleine souveraineté doit être "réglée" en 2025

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L'UC dresse le bilan de son 52e congrès à Voh
L'UC dresse le bilan de son 52e congrès à Voh ©Nicolas Fasquel
Le parti indépendantiste présentait ce lundi le bilan de son 52e congrès qui s'est tenu au début du mois. Il refuse le référendum de projet et affirme que la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie "n'est pas négociable".

Au sortir du congrès de Voh, l’objectif de l’Union calédonienne est clair : obtenir la souveraineté d’ici trois ans. Dans le document synthétisant sa motion de politique générale, elle se base notamment sur « l’irréversibilité des acquis issus des accords successifs » et « le droit international et les déclarations des Nations Unies, en faveur de l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux ».

Le parti refuse de participer à un "détricotage de l'Accord de Nouméa" et insiste sur les fondamentaux que sont à ses yeux le "corps électoral citoyen", les transferts de compétence, ou encore les acquis économiques. " Pas question non plus de désinscrire la Nouvelle-Calédonie de la liste des pays à décoloniser " rajoute Gilbert Tyuienon. Ce dernier précise que "l'UC n'ira pas au référendum de projet", que "la pleine souveraineté n'est pas négociable et qu'en 2025, il faut que ce soit réglé ".

Les exigences vont encore plus loin : seul son parti pourra discuter de cet avenir avec l'Etat, les échanges devront se tenir sur le territoire calédonien, et, pendant cette période, l’ensemble des acquis de l’Accord de Nouméa doivent rester figés à leur dernier stade d’évolution. 

Un congrès "dense et de conviction"

Une position ferme, arrêtée après un 52e congrès jugé "dense et de conviction" par les leaders du mouvement. Différents ateliers étaient organisés avec des rendus et des synthèses. 600 à 700 militants auraient participé chaque jour aux débats. Sur le plan politique, au-delà de l'avenir institutionnel, un soutien a été apporté aux majorités indépendantiste et océanienne du gouvernement et du Congrès. Pierre-Chanel Tutugoro en a profité pour adresser un message à l'Eveil océanien, qui a tout juste quitté le groupe UC-FNLKS et nationalistes du Congrès.

Les militants ont salué le courage et les actions portées par le gouvernement Mapou en matière de réformes pour lutter contre les inégalités sociales. Ils ont aussi encouragé l'Eveil océanien à continuer de construire le pays avec nous, et qu'ils ne s'arrêtent pas sur les manipulations et autres incompréhensions de ceux qui cherchent à diviser pour mieux régner

Pierre-Chanel Tutugoro

Daniel Goa, après avoir tenu des propos sans équivoque au sujet de l'Eveil océanien, a lui indiqué qu'il allait relancer la discussion avec Milakulo Tukumuli "à l'Océanienne" et non par micros interposés.

Des motions économiques et de relations extérieures

A Voh, la délicate réalité de la Nouvelle-Calédonie a également été abordée, notamment les comptes sociaux et les comptes publics en souffrance. Il a aussi été question des inquiétudes liées au réchauffement climatique ou à la dépendance aux importations. Sur le plan économique, l’UC veut continuer d'encourager la consommation locale, et innover en matière d’agriculture, de pêche, ou d’artisanat. Il entend aussi simplifier les procédures administratives pour favoriser l’initiative économique.