Près de 60 % des Calédoniens refusent de faire don de leurs organes

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60 % des Calédoniens refusent de donner leurs organes
©Claude Lindor / NC LA 1ère

Relayée ce mercredi 23 juin, au Médipôle, la Journée nationale du don d’organes vise, avant tout, à sensibiliser le plus grand nombre. Il faut dire que les réticences sont fortes localement, avec plus de la moitié de refus de la part des potentiels donneurs. Témoignages. 

Chez les Texier, le don d’organes est une histoire de famille. Tombé malade une fois à la retraite, Charles Texier a été greffé du rein, grâce au don de son frère Serge. "Je ne lui ai jamais demandé, c’est venu de lui-même", relate Charles.

De son côté, Serge reconnait qu’il s’agit d’une "opération lourde", même si la médecine ici, est "très bien équipée". Heureux donneur, il est ressorti trois jour plus tard et il en témoigne : "je vis très bien depuis". Quant à son frère Charles, il a pu reprendre, lui aussi, une vie normale après sa greffe de rein. 

Deux fois plus de refus qu’en Métropole 

Aujourd’hui, chacun de nous est réputé donneur. Cela s’appelle le "consentement présumé". Pour faire connaître leur opposition, les réfractaires doivent s’inscrire sur le registre des refus. 

Or, ces refus sont majoritaires en Calédonie avec un taux de 60%, deux fois plus élevé qu’en Métropole. Raison principale invoquée : le respect du corps d’un défunt. 

"La confirmation du décès va autoriser les équipes, notamment la coordination de prélèvement, à aborder la question du don avec les familles", indique Véronique Biche, coordinatrice de prélèvement. 

Pour les patients atteints d’insuffisance rénale 

L’insuffisance rénale est une problématique majeure dans le pays. Ici, on ne prélève et on ne greffe que des reins. L’opération change la vie du receveur et une greffe coûte sept fois moins cher que la très contraignante dialyse. "La Calédonie a un taux d’insuffisance rénale largement supérieur à la Métropole ou à bien d’autres endroits, signale Mathieu Série, médecin hospitalier. La greffe de rein, c’est quelque chose de capital sur le territoire."

La greffe de rein, c’est quelque chose de capital sur le territoire.

Mathieu Série, médecin hospitalier

 

Une vie sans dialyse 

Après 19 années de dialyse, Christine Rakotoarivelo a reçu un rein d’un homme décédé. Sa reconnaissance est éternelle : "je ne sais pas si j’aurai assez de ma vie pour le remercier de ce don inestimable. Mon donneur et moi, on ne fait qu’un maintenant."

Les enfants aussi peuvent bénéficier d’une transplantation, en dehors du pays uniquement. Plusieurs Calédoniens vivent ainsi grâce à un donneur, dont les organes peuvent sauver plusieurs vies. 

Je ne sais pas si j’aurai assez de ma vie pour le remercier de ce don inestimable. Mon donneur et moi, on ne fait qu’un maintenant.

Christine Rakotoarivelo, greffée du rein

 

Le reportage d'Erik Dufour et Claude Lindor