Présidentielle : des panneaux qui reflètent une drôle de campagne

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Des panneaux en partie garnis, à Nouméa, la semaine du premier tour de présidentielle 2022.
Des panneaux électoraux en partie garnis, à Nouméa, la semaine du premier tour de présidentielle 2022. ©NC la 1ère
A quelques jours du premier tour, les visages des candidats à la présidentielle tardaient à faire leur apparition, sur les panneaux électoraux de Nouvelle-Calédonie. Entre affiches pas reçues et délais de collage, ça aura été toute une histoire...

Enfin ! Les panneaux électoraux se garnissent tout doucement. Ces plaques de contre-plaqué qui, à chaque scrutin, fleurissent à proximité des bureaux de vote, commencent à prendre petit à petit des couleurs. Encore une fois, toutes les cases correspondant au nombre de candidats, douze cette année, ne seront pas remplies d’ici dimanche. Et les portraits des candidats les plus modestes (en termes de budget) demeureront inconnus des passants calédoniens.

Mais on a frôlé le pire. Lundi, à six jours du premier tour de la présidentielle, deux à trois affiches seulement émergeaient au milieu du néant. L’œuvre de comités de soutien particulièrement organisés et/ou volontaires pour tapisser une partie des quelque 300 panneaux dédiés.

Certains davantage présents

La raison en est simple, encore que cocasse. Que le président-candidat soit omniprésent, rien à redire, au vu des multiples et puissants soutiens dont Emmanuel Macron dispose en 2022. Que le candidat Zemmour trône non loin interroge davantage, même si l’homme de média est en ce domaine sur son terrain. Nicolas Dupont-Aignan a, lui, recruté chez les pugnaces opposants au vaccin anti Covid-19, puis au pass sanitaire. Pour un résultat des plus remarquables, jusqu’aux îles Loyauté.

Retards d'acheminement

Mais quid des autres candidats ? Où étaient passées les affiches de Valérie Pécresse, candidate du puissant LR ? Il a fallu attendre le week-end dernier pour apercevoir la "dame de faire" ici et là. En fait, une cinquantaine d’affiches arrivées vendredi dans les bagages de Florence Portelli, porte-parole de la présidente de la région Île-de-France. Les 300 attendues ayant pris du retard.

Comme celles de Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise : elles se seraient perdues avant d’arriver à Tontouta vendredi, puis seraient restées sous douane jusqu’à ce lundi.

Même tarif pour Yannick Jadot (Verts) et Anne Hidalgo (Parti socialiste). Décidément, les équipes de campagne métropolitaines ont quelques soucis avec la réalité des délais d’acheminement à destination du Pacifique.

Stratégie de collage

En revanche, les supporters de Marine Le Pen peuvent l’avoir mauvaise. Partisans du circuit court, ils ont fait imprimer les affiches en Calédonie. Et, comme pour les quatre autres candidats, ils ont délégué la rébarbative tâche de coller leurs centaines d’affiches à une entreprise locale. Laquelle, hélas, n’a prévu qu’une seule tournée des bureaux. Elle a été entamée lundi après-midi, après avoir pris livraison de l’ensemble du matériel électoral.

Pour les quatre candidats restants, Fabien Roussel (PCF), Nathalie Arthaud (LO), Jean Lassalle (Résistons!) et Philippe Poutou (NPA), sauf arrivage de dernière heure, il restera internet ou la campagne officielle télévisée pour se montrer aux électeurs. La Nouvelle-Calédonie est décidément à cent lieues de cette drôle de campagne présidentielle.