Prévention, maintien à domicile, réseau territorial gériatrique : Jacqueline Bernut du conseil d'administration du CHT, invitée de la matinale

invités de la rédac
Jacqueline Bernut, présidente du conseil d'administration du CHT ©NC la 1ère
La CPS accueille, à partir de ce mardi, le séminaire Bien vieillir en Nouvelle-Calédonie. Trois jours de réflexion sur la réorganisation de la prise en charge des personnes âgées. L'occasion de faire un état des lieux et de se pencher sur les attentes dans ce secteur avec Jacqueline Bernut, présidente du conseil d'administration du CHT. Elle était l'invitée de la matinale ce mardi 30 août.

En 2030, selon les projections de l’ISEE, la Nouvelle-Calédonie abritera trois fois plus d’octogénaires qu’aujourd’hui. D'ores et déjà, près de 15 % des Calédonien.ne.s ont plus de 60 ans. Autres chiffres notables : avant la crise Covid, un tiers des hospitalisés avait plus de 60 ans. Et la moitié des plus de 60 ans souffrait d’une longue maladie. Des chiffres qui font dire à Jacqueline Bernut, présidente du conseil d'administration du CHT qu'un séminaire sur le bien vieillir "est plus que nécessaire, il est indispensable en ce qui concerne la situation des personnes âgées de 60 ans et plus. Les hôpitaux sont quasiment embolisés par leur prise en charge, ce qui contribue aux dépenses du Ruamm."  

Passer à l'offensive

Le bien vieillir est un sujet de réflexion depuis déjà plusieurs années. Plusieurs enquêtes de besoin ont été réalisées. L'une a d'ailleurs abouti à la création du pôle gérontologique en province Sud en 2001. Mais pour Jacqueline Bernut, qui est également présidente du Groupement de coopération sociale et médico-sociale (GCSMS), cela ne suffit pas. "Il faut que tous les acteurs impliqués, tous les décideurs aient désormais une démarche beaucoup plus offensive, non seulement en termes de prévention pour éviter cette part importante de longues maladies. Mais aussi en termes de formation et de statut des aidants, de maintien à domicile, et d'établissement d'un réseau territorial pour une égalité de traitement sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie."   

Un plan d'action pragmatique d'ici la fin de l'année

Autant de pistes explorées lors de la nouvelle étude de besoins conduite entre 2018 et 2019 sur l'ensemble du territoire. Étude qui devait servir de base aux futures mesures du bien vieillir. Mis en sommeil par la crise Covid, le comité stratégique en charge de ce suivi a été réactivé en début d'année. "Tous les acteurs se sont mis d'accord qu'il fallait maintenant élaborer un plan d'action. C'est pourquoi on s'est mis d'accord avec les trois hôpitaux territoriaux, la clinique Magnin, le GCSMS qui réunit plusieurs associations du secteur et l'AFD qui finance notre démarche pour organiser ce séminaire." Ambition : présenter ce plan d'action détaillé d'ici la fin de l'année. Un plan que Jacqueline Bernut veut "pragmatique, c'est-à-dire qui tient compte de tout ce qui existe déjà pour le potentialiser et pour que ce soit réalisable financièrement. Dans le même esprit, le plan proposera des mesures à court terme, réalisables tout de suite avec des financements réduits, à moyen et long terme". Le séminaire Bien Vieillir en Nouvelle-Calédonie se déroule mardi 30 et mercredi 31 août et le vendredi 2 septembre à la CPS à Nouméa. 

Un entretien qui sera à retrouver ici.