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Le projet «Paroles d'océan» tresse le lien avec l'environnement

environnement
Paroles d'océan à Sait-Louis, 12 octobre 2019
Le premier atelier en pays drubea-kapumë a eu lieu à la mission de Saint-Louis. ©Alix Madec / NC la 1ere
D’ici à février, des ateliers vont être organisés en trois aires coutumières de Nouvelle-Calédonie dans une même dynamique : valoriser le patrimoine culturel et linguistique kanak sur des thématiques qui lient l’homme à l’océan. 
Pour lancer le projet «Paroles d’océan», un premier atelier avait lieu samedi après-midi au Mont-Dore, à la mission de Saint-Louis. Un atelier tressage autour des fonds marins qui associait des profils artistiques très différents. 
 

Messages

L’occasion pour Marie-Ange Kapetha de faire passer des messages, à sa façon. «Je suis de l’île Ouen», rappelle cette experte en vannerie traditionnelle. «Il y a l’impact de ce qu’il y a en face de nous, la mine. A travers ce que l’on fait, notre participation, c’est un peu passer le message de faire attention parce qu’il faut protéger tout ce qu’il y a dans la mer, au fond de l’eau. On vit de ça, c’est notre source quotidienne et tout ça va faire un bon message.»
 

On parle par la danse, le tressage et le chant.
- Marie-Ange Kapetha, tresseuse

 

Toutes sortes de moyens

De la danse au chant en passant par la sculpture, tous les moyens sont bons pour sensibiliser le public. «L’art est un véhicule intéressant», plaide Alexia Mandaoué, conseillère de Didier Poidyaliwane - le membre du gouvernement en charge de la culture et des questions liées à l’identité. «A travers les sens, l’écoute, le visuel, l’artiste peut visualiser les messages qu’il veut faire passer. Aujourd’hui, c’est autour de la protection des océans et ça reste dans le temps.»
 

L’art est un véhicule intéressant.
Alexia Mandaoué, conseillère au gouvernement

 
Affiche du projet Paroles d'océan
 

Initié par Pew-Bertarelli

Un bon moyen de sortir des sentiers battus, selon Christophe Chevillon. Il dirige en Calédonie le projet Héritage des océans porté conjointement par l’organisation Pew et la fondation Bertarelli.
 

Toucher un autre public

«On vient un peu du monde scientifique, environnement, associatif, explique-t-il. Et [dans] l’art et la culture, il y a un côté humain extrêmement important. Ça nous permet de toucher une autre catégorie de gens. A la fois à travers les artistes, qui deviennent nos ambassadeurs, et à travers le public de ces artistes.»  
 

Ça nous permet de toucher une autre catégorie de gens. A la fois à travers les artistes, qui deviennent nos ambassadeurs, et à travers le public de ces artistes.
- Christophe Chevillon, Pew charitable trust

 

Supports éducatifs

L’ADCK et l’Académie de langues kanak sont partenaires de Pew-Bertarelli dans ce projet. Les ateliers sont prévus en trois temps (lire en encadré). Les œuvres réalisées pourraient ensuite devenir des supports éducatifs. Elles seront présentées au public au fil des événements culturels. Peut-être deviendront-elles des pièces aussi prisées que la baleine de plus de six mètres tressée par Marie-Ange Kapetha.
 
Trois résidences artistiques 
1. Dans l’aire drubea-kapumë, en octobre
«Warâre druë recoxë» : «écoute le cœur de l’océan», avec des tresseuses, des chanteuses, des plasticiennes et de jeunes danseurs.

2. Dans l’aire xârâcuu, en décembre
«Tèpe a fènû» : «cette parole sans fin», avec une création orale contemporaine de type slam.

3. Dans l’aire nengone, en janvier
«Caiwanelu ore celedran» : «écoutez attentivement l’océan», autour de l'écriture du théâtre contemporain kanak, du chant choral et des savoirs traditionnels.
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