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Un demi-siècle au service de Dieu à Ouvéa

Mardi, la tribu de Gossanah, à Ouvéa, a rendu hommage à deux de ses anciens, qui ont officié comme diacres pendant près de cinquante ans. Un demi-siècle marqué par des conflits et des réconciliations, au rythme de l'histoire de la Nouvelle-Calédonie.

Mardi 27 décembre 2016, la tribu de Gossanah, à Ouvéa, a rendu hommage à deux diacres, qui ont œuvré pendant près de cinquante ans au sein de la paroisse. © NC1ère
© NC1ère Mardi 27 décembre 2016, la tribu de Gossanah, à Ouvéa, a rendu hommage à deux diacres, qui ont œuvré pendant près de cinquante ans au sein de la paroisse.
  • Elif Kayi (avec Thérèse Waia)
  • Publié le
A Ouvéa, un hommage particulier a été rendu mardi dernier à deux diacres de la tribu de Gossanah. Les deux octogénaires, Thimotéo Wetewea et Aizick Wea, ont passé plus de 40 ans au service de la tribu. En signe de reconnaissance, leurs paroissiens avaient concocté une journée festive.
 
Cette journée était aussi une journée d'au revoir car pour les deux diacres, l'heure est venue de tirer leur réverence afin de prendre un repos bien mérité. "Je suis malheureux de quitter mon travail", soupire Thimotéo Wetewea. "Mais dans mon coeur, je suis toujours diacre".
 
Depuis ces débuts, l'histoire de la paroisse de Gossanah n'a pas été de tout repos. Il y a plusieurs décennies, Gossanah a d'abord été marqué par le conflit entre protestants et catholiques. La tribu reste aujourd'hui l'enclave protestante du Nord de l'Île d'Ouvéa.
 
"C'est par rapport à l'histoire de nos grand-pères", commente Aizick Wea. "1864, c'est là où nos grand-pères ont quitté ici pour aller vers Fayaoué".
 
En 1936, le temple, rénové en 1999, a été érigé. Dans la mémoire collective, l'empreinte de cette histoire mouvementée a inspiré les générations suivantes à ne pas oublier et à s'engager.
 
Mais les conflits au sein de la communauté n'ont pas été que religieux. En 1982, la paroisse se retrouve profondémment divisée par des questions politiques, qui atteignent leur paroxisme avec les événements de 1988 et 1989 et l'assassinat de Jean-Marie Tjibaou par Djubelly Wéa, un ancien pasteur originaire de la tribu. La paroisse se divise en effet autour de ce dernier et restera divisée pendant quatorze ans. Les deux diacres se sont retrouvés au coeur de ce conflit.  
 
"Pour moi, ce n'était pas difficile, car je sentais dans mon coeur que des moments comme ça allaient arriver", explique Thimotéo Wetewea. "Je savais qu'un jour, ils allaient revenir avec nous, parce que l'église est là. C'est leur grand-père aussi qui a fondé cette église ici à Gossanah".
 
Ecoutez les réactions de Thimotéo Wetewea au micro de Thérèse Waia et Gaël Detcheverry pour NC1ère :
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"C'est difficile, parce que la parole de Dieu, c'est 'aimez vous les uns les autres', mais à ce moment-là, c'était dur de se parler", commente Aizick Wea. "Pour moi, c'est marqué à vie, cette séparation".
 
Ecoutez les réactions d'Aizick Wea au micro de Thérèse Waia et Gaël Detcheverry pour NC1ère :
ITW-DIACRES-2-281216

Des premiers pas de réconciliation sont entamés en 1990, mais il faudra attendre 1995 pour que la réconciliation se fasse. La première convention religieuse organisée à Gossanah en 1998 a ainsi marqué une nouvelle ère de relations au sein de la paroisse. 
 
Pour l'heure, à Gossanah, la relève est bien assurée. "Voir des gens qui ont sur tenir une paroisse dans les moments où il n'y a pas de pasteur me donne le courage de continuer la mission de Dieu dans la paroisse, mais aussi dans le pays", admire Kuan Wea, pasteur.
 
Retrouvez le reportage en images de Thérèse Waia et Gaël Detcheverry pour NC1ère :
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