Justice : un incendiaire rebelle en correctionnelle

justice lifou
palais de justice de Nouméa, 9 mars 2022, tribunal
Au palais de justice de Nouméa. ©NC la 1ère
Au tribunal de Nouméa ce mardi, un habitant de Lifou comparaissait pour destruction de biens et violences à l'égard des forces de l'ordre. En mars, il avait incendié deux maisons de la tribu de Hnacaöm. Il écope de deux ans de prison ferme.

À Lifou, à la tribu de Hnacaöm, dans le district du Wetr, le 21 mars 2022, une habitation inhabitée prend feu puis c’est au tour d’un fare. Le 24 mars, c’est une autre habitation inhabitée qui prend feu : la famille travaille sur la Grande terre et revient régulièrement à Drehu. Un homme est interpellé, il explique qu’il a utilisé deux claquettes et un briquet pour mettre le feu, il accuse les victimes d’avoir volé "des papayes et de les utiliser pour faire des offrandes".

Les faits ne s’arrêtent pas là. Lors de son interpellation par les forces de l’ordre, l’incendiaire muni d’un parapluie menace les forces de l’ordre. Lors d’une course poursuite, il jette ensuite des cailloux sur les gendarmes. Après l’avoir interpellé, les forces de l’ordre témoignent que le prévenu porte sur lui 28g de cannabis, qu'il parle seul.

"Sa tribu ne veut plus de lui"

Cet homme célibataire sans enfant consomme régulièrement des stupéfiants. Pourtant, comme le signale la présidente du tribunal correctionnel, l’expertise psychiatrique ne décèle aucune maladie mentale, "le prévenu s’est vengé sous le mode de la colère. Il n'y a pas de dangerosité psychiatrique mais délictuelle". L'homme est décrit comme inadapté en dehors de sa tribu. Le problème, "c’est que sa tribu ne veut plus de lui", souligne la présidente. Le prévenu a déjà eu une peine criminelle à son casier, soit sept ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt.

À la barre, une des victimes, en pleurs, lui demande pourquoi il a brûlé leur maison. Une autre intervient pour essayer de comprendre ce qui a pu déclencher sa colère. Le prévenu ne donnera pas plus d’explications. Il est reconnu coupable de destructions de biens et violences à l’égard des forces de l’ordre, et est condamné à quatre ans de prison - dont deux assortis d’un sursis probatoire durant deux ans -, avec obligation de soins et d’indemniser les victimes, et interdiction de détenir une arme durant cinq ans.