Maré veut préserver l’igname face aux nuisibles

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Igname
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Le changement climatique a aussi des conséquences sur les cultures traditionnelles. C’est le cas de l’igname, confrontée aux aléas climatiques mais aussi à l’arrivée de nouveaux ravageurs. Que faire pour préserver ces cultures ?

Comment s'adapter aux changements climatiques et à l'arrivée de nouveaux nuisibles ? C'est le défi que doivent relever des sociétés qui pratiquent une agriculture traditionnelle comme celle des ignames. Les deux cyclones du début de l’année ne sont pas sans conséquences, notamment à Maré.

Deux cyclones en début d’année

En février 2021, c’est la dépression Lucas qui frappait Maré. Un mois plus tard, ce sont les foudres du cyclone Niran qui s’abattaient sur l’île. Au pays  de l’igname où ce tubercule occupe une place très importante dans les échanges coutumiers, ces épisodes climatiques sont un choc. Les récoltes sont maigres, obligeant certaines familles à annuler les mariages prévus et à s’approvisionner en semences sur la Grande Terre. 

Lutter contre les ravageurs

A la tribu de Mebuet, avant le confinement du 6 septembre, des clans maîtres de l’igname du district de Guahma étaient réunis. Au centre de leurs préoccupations, le changement climatique et l’intrusion de ravageurs comme les champignons qui prolifèrent avec les pluies, ou les cochenilles et les fourmis. Quatre ravageurs de l’igname ont été identifiés sur l’île, dont le charançon introduit il y a environ un an. 


La thermothérapie, une technique pour préserver les plants

Pour éliminer ces nuisibles, deux techniciens agricoles font la promotion de la thermothérapie. La technique consiste à traiter les plants d’igname à l’eau chaude à 45 degrés, et cela pendant 45 minutes. 
"Le problème de l’igname, c’est la semence. Parce qu’on peut avoir des semences saines, mais aussi des semences qui sont plutôt mauvaises, parce qu’abimées par un ravageur" souligne Wahnara Wahnara, du clan serei Guam.
"Je pense qu’il faut préserver l’héritage de nos anciens, parce qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de maladies qui arrivent de l’extérieur pour contaminer les ignames" rajoute Jojo Wanegui, du clan serei Wacebeu.
Les clans de l’igname détiennent des savoirs concernant la préservation des semences, mais depuis quelques années, ils sont confrontés à une conjonction de fléaux qui détruisent leurs cultures. Pour eux, la thermothérapie est une aide non négligeable.
"C’est plus facile. On a plusieurs techniques mais la thermothérapie, on gagne en temps et en rapidité de travail" explique Yael Wayewol du clan serei Tadeng. 
Des nuisibles attaquent aussi le taro et la patate douce, deux tubercules très présents dans la consommation de la population. D’où la vigilance des services agricoles qui travaillent en étroite collaboration avec les clans de la terre et les maîtres de l’igname en particulier. 

Le reportage (tourné avant le confinement du 6 septembre 2021) de Thérèse Waïa et Laura Schintu 

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