Jean-Marie Tjibaou et Yeiwene Yeiwene, disparus il y a 33 ans

commémorations ouvéa
Un moment de recueillement a notamment eu lieu, ce mercredi, à la tribu de Gossanah, à Ouvéa. ©Gael Detcheverry / NC la 1ère
Le 4 mai 1989, l’ancien président du FLNKS Jean-Marie Tjibaou et Yeiwene Yeiwene étaient tués à Ouvéa. Les deux leaders indépendantistes s’étaient rendus sur l’île pour assister à la cérémonie de levée de deuil des 19 militants kanak tués un an plus tôt. Plusieurs cérémonies se sont tenues ce jour.

Une messe a été célébrée à la mémoire de Jean-Marie Tjibaou et de Yeiwene Yeiwene, mercredi 4 mai au matin, en la chapelle de la tribu de Tiendanite, à Hienghène.

Le 4 mai commémoré à Tiendanite, le reportage de Marguerite Poigoune

Une commémoration s'est également tenue, à Maré, sur la tombe de Yeiwene Yeiwene. Il y a 33 ans, à Ouvéa, les deux leaders indépendantistes, venus sur l'île pour participer à la levée du deuil des 19 militants tués, un an auparavant, lors de l'assaut de la grotte de Gossanah, tombaient sous les balles de Djubelly Wéa. Lui-même fut abattu par le garde du corps des deux figures du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).

"Avoir une pensée pour ces gens qui ont sacrifié leur vie"

Ce drame a également été commémoré par les habitants de la tribu de Gossanah, en amont des célébrations de la mort des 19, prévues, demain, à 9 heures, au mémorial de Wadrilla. "En 2022, c'est la fin des accords de Matignon. Trente-quatre ans après, on constate que c'est comme si on revenait au point de départ, juste après la mort des 19 (…) Malgré les trois référendums qui ont été organisés puis gérés par Macron, le peuple kanak a vraiment baissé son engagement, si on peut dire comme ça", commente Macky Wéa, frère de Djubelly Wéa. "Les résultats, ce sont des référendums négatifs. On peut dire que le temps a fait qu'il y a eu une démobilisation, mais on rappelle tout de même que c'est important que les gens marquent [ce jour, NDLR] avec une petite fleur, qu'ils aient une pensée pour ces gens qui ont sacrifié leur vie pour la lutte."

De son côté, le bureau politique du FLNKS "demande à la population (…) de se souvenir de ces moments douloureux et de commémorer la mémoire de nos militants et responsables qui ont donné leur vie pour le combat de la libération du pays."

Retrouvez, ci-dessous, Macky Wéa, au micro de Caroline Antic Martin et Gaël Detcheverry :

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