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Tiga partage ses pastèques

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Fête de la pastèque, Tiga, 17 janvier 2020
A Tokanod, île sans eau, la pastèque est un symbole de vie. ©Martin Charmasson / NC la 1ere
Elles peuvent peser jusqu’à dix-sept kilos et font la fierté de Tiga : les pastèques y sont une nouvelle fois à la fête. Les habitants se sont mobilisés afin d'accueillir tout au long du week-end les visiteurs, dont des délégations venues de Poindimié, Koumac ou Houaïlou. 
Tokanod, une île depuis toujours privée d’eau douce. Selon la légende, des jeunes missionnés pour résoudre ce mystère furent détournés de leur quête par une musique envoûtante. Le secret n'a jamais été percé, poussant les habitants à chercher des solutions. Les vieux en ont trouvées... dans leurs champs. «C'est à cause des problèmes d'eau sur notre île», développe Lues Waya, organisateur de la fête : «Si il n'y a pas d'eau, ils peuvent boire la pastèque, le coco ou la canne à sucre.»
 
Pastèque de Tiga, janvier 2020
©Martin Charmasson / NC la 1ere
 

Récoltées en janvier

Sur une terre riche en phosphate, sans eau, le fruit a su proliférer. Les graines, plantées en milieu d’année, commencent à donner au mois de décembre. La croissance de la pastèque explose. Et la récolte se fait en janvier. Elle s’avère tellement riche qu’une fête pour la célébrer est organisée chaque année, depuis 2017.
 

«Des monstres !»

Par avion ou par bateau, on vient de Nouméa, Lifou, la côte Est ou l'Extrême-Nord pour découvrir cette lointaine contrée, et ses trésors. Pauline a fait le déplacement depuis Koumac : «On [en] a toujours entendu parler, on a vu des reportages mais là, c'est bon, on est venus pour voir de nos yeux comment est Tiga.» Et les pastèques ? «Ah, c'est des monstres!» 
 
Pastèque jaune de Tiga, janvier 2020
©NC la 1ere
 

Rouge, jaune, orange

Des pastèques à la chair sucrée rouge, jaune ou orangée. Certains pèsent jusqu’à dix-sept kilos. Mais l’idée n’est pas d’impressionner. Elle est surtout de créer le lien et de susciter l’intérêt des visiteurs. «C'est une découverte, pour eux», pense Manua, une habitante de Tokanod. «Ils disent : "Comment on peut vivre sans eau courante, sans magasin ?" Mais c'est la plus belle vie...» Une fête du moment présent, tout en pensant à l’avenir. Luès Waya, qui organise pour la dernière fois l’évènement, rêve de créer plus de produits autour de ce fruit.

Un reportage de Martin Charmasson et Michel Bouilliez : 
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