A Hienghène, "tous les services de la mairie sont fermés" prévient Bernard Ouillate

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Bernard Ouillate, maire de Hienghène
Bernard Ouillate, maire de Hienghène, déplore les dégradations récurrentes commises sur les engins de chantiers et les infrastructures publiques de la commune. ©Margurite Poigoun / NC la 1ère
Bernard Ouillate, maire de Hienghène, et son équipe manifestent leur "ras-le-bol à la suite de plusieurs actes de vandalisme sur des engins et des bâtiments municipaux". Une opération ville-morte a débuté lundi 23 mai et qui se poursuivra durant trois jours, au village.

Les agents municipaux font part de leur exaspération, à Hienghène. Tous les services de la mairie sont fermés, du lundi 23 au mercredi 25 mai, après plusieurs actes de vandalisme. Ils restent tout de même mobilisés devant la mairie, pour dialoguer avec les administrés. Bernard Ouillate, le premier édile de la commune, s'explique.

NC la 1ère : Pourquoi organisez-vous une opération ville-morte à Hienghène, que s'est-il passé ?

Bernard Ouillate : Ces trois jours sont un signe de contestation contre les incivilités, mais surtout les dégradations sur les engins, le matériel de travail et les bâtiments communaux. On a fait appel aux coutumiers pour se rencontrer, avant d'organiser cette opération ville-morte, pour annoncer ce que nous comptions faire, durant les trois prochains jours.

Ce mécontentement des agents municipaux n'est pas nouveau, cette situation est-elle récurrente ?

C'est à la fois un ras-le-bol du personnel et des élus qui dure depuis plusieurs mandatures déjà, mais qui n'a pas été partagé, jusqu'alors, avec les coutumiers et dans les tribus. Les matériels et les bâtiments publics ne sont pas que pour les agents de la commune, ils sont pour tout le monde, pour la population. A chaque fois qu'il y a des dégradations sur les routes, des intempéries, qu'il n'y a pas d'eau, etc., tout le personnel est sur les chantiers.

Concernant les actes de vandalisme, se sont-ils multipliés, ces dernières semaines ou ces derniers mois ?

Oui, l'année dernière nous avons du matériel qui a été brûlé, des compacteurs, des graders [des niveleuses, NDLR] ont été dégradés, des pelles hydrauliques ont été cassées, etc. C'est un peu partout dans nos vallées ce que l'on retrouve, à chaque fois.

On ne va pas se laisser faire et nous adressons un signe. Cela doit être un frein pour que les gens comprennent les choses, dans chaque tribu, dans chaque chefferie. Il faut que les personnes respectent le travail et le matériel.

Durant les trois prochains jours, des discussions sont-elles prévues, avec les coutumiers et tous les acteurs de la commune ?

Tous les coutumiers des deux grandes chefferies ont été contactés, la semaine dernière, pour avancer. Ils apportent leur soutien et reconnaissent qu'à l'intérieur de chaque tribu, il se passe des choses, qu'il y a des vols. Il y a eu des discussions à la sortie du temple. Tous les services de la mairie, techniques et administratifs, sont fermés. J'appelle tout le personnel à être rassemblé à la mairie, durant trois jours, en signe de protestation.

Le mardi, il y a le marché, au centre du village et on va y approcher la population pour partager. Il faut que dans les prises de parole, il n'y a pas que nous, la mairie, mais que les coutumiers aussi participent. Tout cela se fera, demain, place du marché.

Ecoutez l'essentiel des propos recueillis par Malia Noukouan :