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Ces lycéennes de Houaïlou formées à sensibiliser

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Préparation du projet danse théâtralisée su rla sexualité au lycée Do Neva Houaïlou (août 2017)
La première semaine du projet consistait à sensibiliser les jeunes filles elles-mêmes. ©NC 1ère / Marguerite Poigoune
Cinq lycéennes de Do Neva, à Houaïlou, préparent une danse théâtralisée sur le thème de la sexualité qu’elles présenteront l’an prochain à des élèves de quatrième. Un projet qui se prépare durant quatre semaines, en partenariat avec la DPass-Nord et le danseur chorégraphe Richard Digoué. 
«Ça fait partie du sexe de la fille», décrit Jérôme Païdi. Cet éducateur sanitaire pour la zone de Voh, Kaala-Gomen et Belep s’adresse à cinq élèves du lycée agricole de Do Neva, à Houaïlou. Rires et grimaces des jeunes filles, encore un peu gênées d’entendre son vocabulaire cru. Mais à force, elles s’y habituent, à l’exemple de Myriana Dédane. «J’étais choquée. Je me sens gênée. On parle pas comme ça, témoigne la lycéenne. Et puis après, à force de l’entendre parler, c’est bon. Je n’ai plus peur de parler de ces mots-là. Pour moi, c’est facile à expliquer auprès des enfants du collège.»

Tournée l'an prochain

Ces cinq élèves issues de la classe de CAPA 1 SAPVER, qui enseigne le service aux personnes et la vente en milieu rural, se préparent à sensibiliser d’autres jeunes à des problématiques liées à la sexualité. L’an prochain, elles présenteront une danse théâtralisée sur ce sujet, dans des classes de quatrième à travers la province Nord. Les lycéennes ont quatre semaines pour préparer ce projet en partenariat avec la DPass-Nord et le danseur chorégraphe Richard Digoué.
 

Casser des tabous

Et l’utilisation d'un vocabulaire cru, c’est voulu. Ça permet de casser des tabous, et de favoriser l’éducation aux collégiens, l’an prochain, par les pairs.  Mais aussi de permettre aux jeunes filles d’interpréter la sexualité différemment que ce qui se passe trop souvent, lors d’un coup de fête par exemple. Et donc, de redonner place au respect et à l’attention dans une relation entre une fille et un garçon.

Un plus pour leur avenir

Ce projet sur la sexualité ne peut qu’être bénéfique pour ces jeunes filles, pour leur avenir. «Elles seront amenées dans leur métier plus tard à être confrontées à des problèmes de ce type-là, fait remarquer Olivier Fandos, professeur d’éducation socioculturelle au lycée agricole de Do Neva. On peut avoir des filles qui vont devenir assistantes sociales, éducatrices spécialisées. Maîtriser ces problèmes-là est un plus pour leur vie professionnelle.»

Vaincre la timidité

Ce travail va aider les élèves de CAPA 1 SAPVER à vaincre leur timidité. «Elles ont beaucoup de connaissances, mais elles ont peur de les exprimer, continue Olivier Fandos. L’idée, à travers la danse théâtralisée, va être de vaincre cette timidité et d’être plus à l’aise à l’oral. Donc plus à l’aise dans les examens qu’elles vont passer.» Richard Digoué s’imprègne des discussions, pour ensuite créer la danse théâtralisée. Cette semaine, place à la création dans une tribu de Wawiluu. Le travail se prolongera, pendant deux autres semaines, au centre culturel Tjibaou.
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