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Houaïlou : la reconstruction sur les terres dévastées ?

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Ouakaya
La tribu de Ouakaya à Houaïlou est l'une des zones les plus touchées. ©Gaël Detcheverry/NC1ere
Ce mercredi 26 juillet, la Mairie de Houaïlou a présenté une étude menée par la Dimenc et le BRGM sur les zones à risques et susceptibles d’éboulements sur la partie de Ouakaya et de Gouareu. La question du relogement des populations reste posée. 
A la tribu de Gouareu, les flancs de montagnes portent encore les stigmates des éboulements de novembre dernier. Des cicatrices qui restent gravées et des familles, encore bouleversées par la disparition d’un proche. « Depuis le drame, on essaye de faire avec » confie Anicet Mee, président du District, « Ce n’est pas toujours facile. Je pense que la solidarité entre nous, les clans et les familles, permet que le fardeau ne soit pas trop lourd à porter. » 8 mois après les éboulements de novembre dernier, le Maire de Houaïlou a réuni ce mercredi 21 juillet l’ensemble des familles de Ouakaya (Wakaya) et de Goaureu au Eika (temple protestant). 
 

Wakaya et Goaureu sont placées dans des zones à risques

L’objectif de cette rencontre est de restituer l’étude de la Dimenc et le BRGM sur les zones à risques et susceptibles d’éboulements dans cette partie de la commune. D’un rouge vif, les cartes montrent des zones totalement nuisibles pour l’habitat de populations. « On se rend compte que les zones à risques occupent un espace important. Ce sont les massifs de péridotites qui sont concernés », souligne Michel Sallenave, le délégué de la République en Province nord, « Il va falloir désormais vivre avec ces éléments c’est-à-dire qu’il y a aujourd’hui une connaissance du risque que nous n’avions pas hier et qui va contraindre à l’aménagement de l’espace ». 
Houaïlou
©NC1ere/Cédrick Wakahugnème

 

Eviter le déracinement

Partir pour reconstruire ailleurs. La question reste posée. Le choix est encore difficile pour les familles, qui souhaitent éviter un déracinement total. « On ne peut pas construire près des montagnes et mêmes près de la rivière. Le seul (choix) que l’on a, c’est d’être déplacé », indique Anicet Mee, le Président du District, « mais déplacer une population d’un lieu à un autre, d’un lieu où il a vécu et où il a ses racines, franchement, ce n’est pas évident ». 
 

La commune à la recherche de solutions

Pour Pascal Sawa, le maire de la commune de Houaïlou, le déplacement des familles n’est pas encore d’actualité. Il faut avant tout, dit-il se poser les bonnes questions. « Il va falloir voir d’abord dans quelles mesures nous pouvons vivre avec ce risque, c’est-à-dire avoir une certaine résilience par rapport à ce risque là », indique le premier magistrat de la commune, « Cela va être le gros chantier que nous allons mettre en place avec la Sécurité civile et les pompiers. Et, par la suite, il va falloir développer de nouvelles zones d’habitations ». Sur cette approche, des groupes de travails et de réflexions doivent être mis en place également le Sénat Coutumier. A ce jour, la commune ne possède pas de terrain, ni même la Province et très peu choix offre le territoire. A ce stade, la valorisation des terres coutumières peut-être une solution. 
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